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La vie mode d’emploi – GEORGES PEREC

La vie mode d’emploi est une oeuvre publiée en 1978 chez Hachette Littérature. L’auteur, Georges Pérec, membre de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), lui donne le sous-titre de Romans, au pluriel car l’ouvrage, forme de quatre-vingt-dix-neuf chapitres, ne suit pas une progression linéaire simple et est l’occasion de la « racontouze » – tel qu’il le dit lui-même – de multiples histoires.

Toutefois, une histoire, que l’on pourrait appelée « principale », hante le récit : Bartlebooth, un millionnaire anglais vivant à Paris, avait un projet. Il voulait partir en expédition tout autour du monde pour y peindre des aquarelles ; aquarelles qui deviendraient des puzzles ; puzzles qui l’attendraient à son domicile jusqu’à achèvement de ses vingt années de voyage. Revenu à Paris, il occuperait la seconde partie de sa vie à reconstituer les centaines de puzzles créés, envoyant chacun d’entre eux à l’endroit précis de leur respective naissance dans le seul but de leur destruction.

« Bartlebooth, en d’autres termes, décida un jour que sa vie toute entière serait organisée autour d’un projet unique dont la nécessité arbitraire n’aurait d’autre fin qu’elle même. »

Pour mener à bien ce projet, il fallait cependant à Bartlebooth engager un faiseur de puzzles : il choisit Gaspard Winckler.

 

99 histoires, 1467 personnages

Je ne vous conseille pas de lire la préface de Bernard Magné, présente en début de roman dans l’édition du Livre de Poche de La vie mode d’emploi, avant d’avoir fini votre lecture du livreEn effet, elle vous gâcherait une petite partie du plaisir de découvrir la fin du roman, ces quelques phrases concluant près de 700 pages de récit (sans compter les nombreuses annexes). Toutefois, il me semble intéressant de relever un élément, ou plutôt deux éléments qui occurrent dans cette préface : Bernard Magné parle des quelques 99 histoires racontées par l’auteur, et les 1467 personnages qui interviennent dans les récits. C’est dire l’immense travail de l’auteur et la richesse du roman. D’autant que chacune de ces histoires aura le donc de capter votre attention au plus haut point.

« Des générations ont empilé là des rebuts que personne n’a jamais rangés ni triés. Ils gisent, pas trois mètre de fond, sous la garde inquiète d’un gros chat tigré qui, accroupi tout en haut de l’autre côté du soupirail, guette à travers le grillage l’inaccessible et néanmoins pas tout à fait imperceptible trottinement d’une souris. »

Un roman à lire tel un puzzle? Mélange des genres et des intrigues

De nombreuses, d’abondantes mentions sont faites au puzzle (le préambule même parle du puzzle), et c’est en partie ainsi que l’auteur a élaboré sa progression dans le roman. Mais, mais, mais… vouloir reconstituer la démarche « puzzlique » de l’auteur serait vain. Cela n’empêche pas de jouer son jeu. Premièrement d’une manière assez simple, en lisant le roman attentivement vous remarquerez tous les liens qui peuvent être faits entre certains personnages, chapitres, familles, etc. Deuxièmement, en vous intéressant aux annexes en fin de roman qui font très souvent des références ambiguës ou mystérieuses à certaines pages…

Sans oublier que « en dépit des apparences, ce n’est pas un jeu solitaire : chaque geste que fait le poseur de puzzle, le faiseur de puzzle l’a fait avant lui; chaque pièce qu’il prend et reprend, qu’il examine, qu’il caresse, chaque combinaison qu’il essaye et essaye encore, chaque tâtonnement, chaque intuition, chaque espoir, chaque découragement, ont été décidés, calculés, étudiés par l’autre. »

Par ailleurs, si les histoires se font échos ici et là dans l’ouvrage, chacun des chapitres peut être lu indépendamment des autres. C’est d’ailleurs une des grandes richesses du roman : si certains chapitres sont extrêmement complexes, d’autres peuvent être lus avec facilité par des enfants.

Enfin, le but de ce(s) roman(s) est justement de ne pas suivre la trame classique du roman. Georges Pérec disait dans un entretien de 1978 : « Tout ce que j’appelle le romanesque s’est concentré dans ce livre ». Dans ce roman tous les genres sont mélangés, en passant par le policier, l’historique, etc. De nombreuses listes s’y trouvent également, marque de fabrique de l’auteur, originalité sans égale, mais à certains égards peu passionnantes. C’est pour cette raison qu’il est impossible de catégoriser le roman.

 

Pour conclure cette ô combien non-exhaustive critique qui, je l’espère, vous aura mis l’eau à la bouche, deux mots sur le caractère « classique » de l’oeuvre. Cette oeuvre fut publiée il y a environ quarante-ans de cela, ce qui est assez peu pour un classique (sachez d’ailleurs que Georges Pérec est entré cette année 2017 dans la collection de La Pléiade). C’est la raison pour laquelle nous nous sommes permises d’élaborer cette critique, qui se veut la plus humble possible. Vous pourrez retrouver toutefois dans la rubrique « Des livres et des phrases » quelques citations de cette oeuvre magistrales.

 

 

Roman historique, ROMAN POLICIER

La voix secrète – MENTION MICHAEL

 

« J’arrive à la mort par un mauvais chemin, j’y monte par un escalier ! Mais, bon Dieu, j’y vais ! »

L’histoire :
1835, Lacenaire, assassin cynique et désinvolte a transformé sa prison en salon mondain. Il rédige ses mémoires.
En même temps, la police reçoit des têtes d’enfant. Un fou tue des enfants dans les bas-fonds de la capitale, puis les décapite et envoie la preuve de son forfait à la police pour la narguer. La manière dont les enfants sont tués ressemble à la façon de procéder de Lacenaire : trois plaies figurent sur le dos des petits cadavres.
Allard, le chef de la Sûreté, demande à Lacenaire de l’aider à résoudre cette affaire. Continue Reading

Roman historique

La nuit des béguines – KINER ALINE

Un peu d’histoire :
Louis IX était un roi réformateur. Il a souhaité la justice pour tous ses sujets. Il a soutenu la création des ordres mendiants, fondé des hôpitaux pour les plus pauvres, un couvent pour les prostituées repenties de Paris.
Alors que l’on débat encore de la condition féminine, il en a été un des premiers défenseurs en permettant l’établissement de communautés de béguines. Ces communautés permettaient aux femmes se retrouvant seule de mener une vie indépendante de toute domination masculine. Le phénomène est partiellement dû à une surpopulation féminine au temps des Croisades, entre 1092 et 1270. Trop de veuves souhaitaient rentrer dans une vie religieuse. Les couvents ne pouvaient pas accueillir toutes les candidates.
Les béguines furent les premières religieuses dans le monde. Continue Reading

TRIBUNE

Faire exister les femmes dans la langue : adopter l’écriture inclusive.

Qu’est-ce que l’écriture inclusive ? L’écriture inclusive a pour but d’inclure davantage à l’écrit la marque du féminin allant a contrario de siècles de misogynie. Ainsi, l’écriture inclusive aurait surtout pour but de féminiser les fonctions du pouvoir (présidente, sénatrice, députée, etc.) – car, en effet, cela ne pose de problèmes à personne de dire une serveuse, une femme de ménage, une infirmière – et de réintroduire des termes qui existait avant leur bannissement au XVIIème siècle (peintresse, philosophesse, poétesse, autrice, médecine), de marquer entre deux points la marque du féminin lorsqu’il y a lieu de le faire, d’utiliser l’accord de proximité (les exemples pleuvent chez Continue Reading

théâtre

On ne badine pas avec l’amour – Alfred de Musset

Pièce publiée en juillet 1834 dans la revue des deux-mondes, elle fut composée au printemps 1834 alors que Musset revient d’un mariage à Venise durant lequel sa maîtresse, George Sand, l’a trompé avec le médecin Pagello.

Le titre de la pièce est une maxime. Cette maxime avait déjà été utilisée par Calderon : « no hay burlas con el amor » (on ne plaisante pas avec l’amour).

L’histoire : Perdican vient de terminer ses études. Camille sort du couvent. Les deux cousins rentrent chez eux. Le baron a prévu de les marier. Mais Camille a d’autres plan : elle veut se faire nonne et vivre toute sa vie auprès de dieu. Continue Reading