Fantasy

Arkane I et II – Pierre BORDAGE

Pierre Bordage, le maître des mondes de l’imaginaire, revient avec le second volet d’Arkane, La Résurrection. Publiée il y a moins de deux semaines, la suite des aventures de la dernière survivante du Drac et de l’Enchanteur de pierre ne vous laissera pas dormir.

L’auteur des Derniers hommes assouvit enfin l’attente insupportable de ses fans après plus d’un an et demi d’attente depuis la parution de La désolation. Toutefois, si vous n’avez pas encore lu le premier opus, n’hésitez plus. Aventure, trahison, amours, tout y est. Mais c’est également pour le lecteur l’occasion de faire le parallèle avec notre monde actuel…

L’histoire se déroule dans la cité d’Arkane… Une cité verticale, les familles les plus prestigieuses se trouvant en Haut et les pouilleux en bas. Arkane, et sa mythologie des Sept familles, chacune ayant été sauvée il y a des milliers d’années par leur animal symbolique respectif. Nous pouvons citer la famille de l’Ours, celle de l’Aigle, la famille du Dauphin… et bien évidemment celle du Drac. Victime d’un complot ourdi par La Désolation, cette secte-religion qui de par le monde se nourrit du sang et de la souffrance, il ne reste plus qu’une survivante : Oziel.

La déchéance d’une des sept familles fondatrices signifiant la décadence de la Cité et sa destruction, Oziel devra, à tous prix, parvenir à rétablir l’équilibre. Sa seule chance : aller chercher son frère aîné, condamné il y a des années de cela au bagne. Elle pourrait bénéficier de l’aide du Dernier Enchanteur de pierre, un ordre que l’on croyait aujourd’hui disparu. Mais à deux ont-ils seulement la moindre chance de vaincre la Désolation et l’armée du Nord ?

 

Un monde à part entière

Le monde créé par Bordage dans Arkane fait parfaitement illusion. Sa richesse, sa géographie, et sa mythologie entrainent le lecteur à une vitesse affolante dans un cocon dont il est difficile de se dépêtrer. Comment l’auteur parvient-il à rendre l’illusion si parfaite ? Avec une touche de réalité sans doute. Lisez bien entre les lignes, il se pourrait que vous soyez en train de regarder le reflet de la réalité dans un lac de poésie.

 

« Sans la corporation des égoutiers, méprisée des Hauts jusque dans les Bas, Arkane croulerait déjà sous des tonnes et des tonnes de déchets. Ces hommes vouent leur existence à l’écoulement permanent des rejets des citadins, aussi bien les restes de leurs repas que leurs eaux usées et leurs propres déjections. C’est fou ce qu’un seul individu peut produire comme résidus en une année ! S’il en était conscient, il changerait de comportement, il mangerait frugalement pour ne pas gaspiller la nourriture et ne pas évacuer trop de matières, il s’épargnerait des lavages superflus, il cesserait d’être cette personne irréfléchie et grasse qui croit que sa merde disparaît par la magie des déesses, il vouerait un respect et une sympathie sans limites à ceux qui prennent soin de ses excréments, mais le temps est encore loin d‘un comportement responsable, l’égoïsme qui règne en maître finira par nous étouffer, comme Arkane s’affaissera un jour dans sa propre inconscience.

                                                                                                        Journal intime d’un explorateur vertical,

                                                                                                   Bibliothèque privée de la maison de l’Ours,

                                                                                                                                                                    Arkane »

 Une topologie lourde de sens

Il est un peu excessif de parler de « topologie », étant donnée que les noms de lieux ne sont pas très nombreux. Ceci dit, on ne peut passer à côté du nom de la cité d’Arkane! Ce sont toutes les histoires du livre qui y sont nichées.

 

Après une critique aussi élogieuse, je ne pense pas avoir besoin de préciser que je le conseille. Ce roman est une tuerie.

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