Roman contemporain

CALESTREME NATACHA – Les blessures du silence

Yoann, 45 ans, major de la police judiciaire de Paris est chargé par son supérieur d’enquêter sur la disparition d’Amandine Moulin, employée administrative, mariée à un professeur de français. L’enquête est au point mort car pour l’instant rien ne permet de qualifier la disparition d’Amandine en fugue, suicide ou meurtre. En dehors de ses parents, personne ne s’inquiète de son absence. Le mari, professeur apprécié de tous, n’a pas l’air de s’en faire.
Les parents ont d’ailleurs contacté, le commissaire Filipo, ancien fiancé de leur fille, pour que cette affaire soit prise au sérieux.
L’ennui dans la disparition d’une personne majeure est que l’on ignore si elle a voulu échapper à un quotidien contraignant ou si elle a de très gros ennui. Toutefois, la découverte de la carte bleue de la jeune femme affaiblit considérablement la thèse de la fuite.
L’indifférence du mari qui parle de son épouse au passé et différents indices vont amener Yoann à analyser la vie d’un couple apparemment ordinaire.
LE ROMAN
Le roman alterne les chapitres où Amandine raconte sa vie avant sa disparition et l’enquête.
Au fil des pages, on découvre une femme qui vit dans la crainte de son époux. Il la brise psychologiquement en en l’amenant à se dévaloriser constamment. Il suscite en elle un sentiment de culpabilité endémique. habile, il la fait passer pour dépressive vis à vis de son entourage ; il se positionne ainsi en victime.

Ce dernier a un statut social important. C’est un professeur compétent ; il est compliqué de mettre en doute son intégrité, alors qu’il est révéré par ses élèves et les parents de ceux-ci. Il faut noter que la perversité entre époux fait beaucoup de dégâts dans les catégories socioprofessionnelles élevées, car il est difficile de remettre en cause le comportement d’une personne reconnue socialement comme bienfaisante.
Ainsi que le note l’auteure, elle s’est inspirée de nombreuses histoires de violence conjugale, dont certaines ont défrayé la chronique.
Extrêmement bien documenté, ce roman offre certaines clés pour lutter contre ces situations d’emprise. Au lieu de jeter l’opprobre sur les personnes qui agissent ainsi. L’auteure explique que certaines personnes cherchent à dominer l’autre pour survivre à leur mal-être. C’est un mode compensatoire.
L’histoire est passionnante. Le processus d’emprise est particulièrement bien décrit. L’enquête elle-même a fait l’objet de nombreux renseignements pris auprès des personnels de police judiciaire et nous permet d’appréhender leur métier, notamment le rôle des chiens policiers dans la recherche des personnes disparues.
Un roman à mettre entre toutes les mains. Comme l’indiquer l’auteure, il n’y a pas que les femmes qui sont victimes de ce type de perversion : « la force physique de l’un, n’empêche pas l’emprise psychologique de l’autre ».
L’AUTEURE
Journaliste et réalisatrice de 30 documentaires sur le thème de la santé et de l’environnement, Natacha Calestrémé a publié plusieurs essais et trois thrillers psychologiques Le Testament des abeilles, Le Voile des apparences et Les Racines du sang aux éditions Albin Michel.

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