Thriller

Condor – Caryl FEREY

Caryl Ferey est un auteur de roman policier. Grand voyageur, l’intrique de ses livres est étroitement mêlée à l’histoire du pays où elle se déroule.

Gabriella, une jeune mapuche, a fui la misère et la répression dont son peuple est victime pour se réfugier à Santiago. Elle fait des études de cinéma, milite pour l’accès à l’éducation universelle. Elle habite chez Stéfano, un sexagénaire boiteux qui projette des films dans un cinéma de quartier. C’est un ancien bras armé du MIR entraîné à réagir et à tuer de sang-froid. Ils vivent dans le quartier pauvre de la Victoria, qui a payé cher son opposition à Pinochet. Le jeune fils d’un de leurs amis est retrouvé assassiné. La police et la justice étant corrompues, ils vont tenter de faire avancer l’enquête par eux-mêmes et contactent un avocat des causes perdues : Esteban Roz-Tagle.Au fil de leurs investigations, les fantômes du passé surgissent. L’opération Condor est en toile de fond. L’opération Condor est le nom donné à une campagne d’assassinats et de lutte antiguérilla menée par les services secrets chilien, bolivien, argentin, brésilien, paraguayen et uruguayen et soutenu par les États-Unis. Diverses techniques de terreur étaient employées par les services secrets.

Caryl Ferey revient sur les années de dictature et sur ses conséquences.

Un capitalisme sauvage s’est établi : « le coup d’état de Pinochet dépassait la simple restauration de l’ordre ancien : la dérégulation tous azimuts que les Chicago Boys expérimentaient au Chili était une nouvelle forme de capitalisme où l’Etat non seulement se désengageait de l’économie et des services publics, mais bradait le pays entier au secteur privé ».Il décrit aussi la catastrophe écologique qui en ressort. « Les multinationales rasent les forêts, assèchent les nappes phréatiques et bousillent un des écosystèmes les plus riches au monde. »

l’état traite en criminel ceux qui s’y opposent. Il décrit la société chilienne avec ses quelques familles riches qui tiennent l’économie, les opportunistes et leur trafic en tout genre et la majorité du peuple qui vit dans la misère. Les paysages font partie intrinsèquement de l’histoire. « Ici les pierres parlent. Leur mémoire est lente, de l’infini minéral lissé par un vent multimillénaire – fossiles, brutes, chromatiques, sauvages ou neutres, elles racontent l’inénarrable du temps qui est et ne passe pas, ce pouls secret dont les chamanes atacamènes perpétuaient l’odyssée. »

Le rythme de l’histoire est soutenu. Il n’y a pas de temps mort.

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