Roman policier

CHEREL GUILLAUME – Un bon écrivain est un écrivain mort

Dix écrivains à succès sont invités au monastère de Saorgues pour un rendez-vous littéraire, par un mystérieux milliardaire qui signe Un Cognito. Saorge était une place forte de grande importance contrôlant la route de Nice à Turin par le col de Tende. Des frères franciscains y fondèrent leur couvent en 1633.
Tous les invités figurent dans les meilleures ventes de l’année : Frédéric Belvédère, Delphine Végane, Michel Ouzbek, Amélie Latombe, David Mikonos, Kathy Podcol, Tatiana de Roseray, Christine Légo, Jean de moisson et Yann Moite. L’animateur est Augustin Traquenard.
LE ROMAN
Pastiche du roman policier d’Agatha Christie, « les dix petits nègre », l’auteur y persifle le milieu littéraire.
Les premiers chapitres sont des portraits des dix auteurs à succès conviés à cette réunion dont l’écriture caustique met en avant leurs travers déjà connus à travers les différents articles que l’on peut lire sur eux.
L’auteur commence la galerie des portraits avec Frédéric Beigbeder (Frédéric Belvédère) : « Il avait compris très jeune que dans cette société du spectacle, fondée sur l’apparence et le divertissement, faire rire, avoir de l’esprit pouvait aisément passer pour de l’intelligence ».
« La littérature n’avait été qu’un prétexte pour se faire remarquer. »
On y reconnaîtra feu Jean d’Ormesson, Jean de Moisson : « Lui écrivait dans un pur style classique qui confinait parfois au suranné, voire à l’ampoulé. »
A travers ces dix auteurs à succès, c’est notre époque, son consumérisme et son prêt à penser que l’auteur épingle ironiquement : « une époque qui avait les écrivains qu’elle méritait…. Il y avait de la place pour les amuseurs. Les troubadours de l’écrit. Que les gladiateurs de l’édition s’entretuent donc entre eux. » « L’édition, à l’instar du 7e art, était devenue une industrie qui produisait du formaté. »
Les écrivains y sont décrits comme égoïste avec des égo surdimensionné « Francesco avait découvert que la jalousie entre écrivains était le pire fléau de ce microcosme condescendant, étriqué, auto-satisfait, imbu de lui-même, où tout le monde se connaissait et se cooptait, sans se lire et en faisant semblant de s’apprécier. » critique déjà émise par Blaise Cendrars notamment.
Humour noir, ironie, raillerie, un bon pastiche à mon avis.
L’AUTEUR
Journaliste indépendant, spécialiste du sport et de la littérature
Biographie par lui-même, dans son blog : « Je me suis arrêté de vieillir à 35 ans… Je suis journaliste pigiste, et écrivain, sans poil aux mains (une bonne treizaine de livres publiés: succès d’estime, comme on dit, mais sans grand succès commercial). Régulièrement Fante-Fauché, je pense à Bukowski et Henri Miller (plus qu’à Philippe Djian, lâché quand il s’est mis à l’imparfait du subjonctif chez Gallimard) pour me donner du courage.
Je continue donc à écrire, en remerciant tous les jours saint-Jean-Bernard Pouy, dit papa-Poulpe, de m’avoir donné ma chance en 1996 (Tropique du Grand Cerf, n°71). J’ai obtenu la bourse Stendhal-Cultures France pour faire ce voyage.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.