Essai

Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

Roman décevant dans l’ensemble. Le résumé laissait présager l’expression d’une sagesse acquise par l’écrivain et d’une expérience sans pareil. Mais si les images dépeintes apparaissent souvent de toute beauté, la lecture est souvent difficile à suivre.

Il s’agit d’un essai de 2011 mais un film réalisé par Safy Nebbou a entrainé la réédition du roman. L’auteur et protagoniste a vécu six mois dans une cabane en Sibérie près du lac Baïkal. Il raconte sa vie quotidienne, et surtout les émotions qui caractérisent cette expérimentation, ainsi que les réflexions qu’il peut en tirer.

L’attachement aux peu de personnes décrites est difficile, et non parce qu’elles apparaissent rarement mais parce qu’elles ne semblent pas apporter beaucoup au récit alors que le pragmatisme nous force à penser que la réalité fut toute autre. L’auteur délivre un discours très stéréotypé et assez limité en réflexion finalement. Des étudiants révoltés contre la société de consommation en font autant sur leur page Facebook. On peut ainsi lire au milieu du récit : « J’aurais appris qu’on peut vivre près d’une patinoire géante, se nourrir de caviar, de pattes d’ours et de foie d’élan, se vêtir de vison, aller par les futaies fusil en bandoulière, assister chaque matin, lorsque les rayons de l’aube touchent la glace, à l’un des plus beaux spectacles de la planète, et rêver pourtant d’une vie dans un appartement équipé de toute la robotique et de la gadgeterie high-tech ». Alors que les premières pages content le stock important fait par l’auteur dans une supérette à des dizaines de kilomètres de la cabane qui va constituer son abri : sauce tomate, et autres produits industriels, alcool, etc. sont évoqués. Et que plus tard il révèle qu’il « ouvre un paquet de pâtes chinoises ».

A ajouter que le récit est volontairement rendu lourd – les images sont utilisées trop fréquemment – et souvent trivial.

On peut conseiller à Monsieur Sylvain Tesson d’y retourner quelques mois avec plus de livres encore et peut-être qu’un jour les jugements de valeur ne seront plus sa marque de fabrique.

 

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