Roman historique, Science-Fiction

DAWSON ADRIAN – Crucifix

Le 21 juillet 1645 dans le village de Manningtree en Angleterre, des sorcières sont pendues.
Le 20 août 2043 Los Angeles, Peter Strauss assiste à l’enterrement de la femme de sa vie, Rachel Garlan. Scientifique comme lui, elle est décédé dans l’explosion de son laboratoire suite à une expérience qui a mal tourné. Après avoir quitté le cimetière, il est prévenu et échappe de peu à une tentative de meurtre. Il se réfugie dans une cabane perdue au fond des bois avec une mystérieuse interlocutrice pour qui le temps n’est qu’une illusion, le passé, le présent et le futur n’existant pas réellement.
10 septembre 1643, William Clapton se rend au couvent de Notre-Dame-de-la-Merci en France. Il vient chercher une jeune fille qu’il a trouvé errant dans les champs. Sur sa poitrine, une croix renversée est incrustée dans sa peau. En plus de ce symbole maléfique, ses cheveux deviennent de plus en plus rouges. Il pense qu’il s’agit d’une prophétesse car le peu de mot qu’elle a prononcé concernaient des événements qui se sont réalisés peu de temps après.
24 octobre 1644, Hercule de Montmorency prie. Il doit rejoindre Gaston d’Orléans pour combattre les Espagnols.
Le roman commence avec ces quatre histoires dont les trames vont se mêler au fil des pages.
On voyage entre le 21e siècle et le 17e siècle.
Depuis 1642, la guerre civile oppose les partisans du monarque et ceux du Parlement dont leur chef est un puritain Cromwell. La pensée puritaine s’est propagée dans le village de Manningtree. Les gens ont peur et s’épient les uns les autres. Ils sont persuadés que des sorcières vivent parmi eux.
Une deuxième calamité va exacerber les passions : 1645 marque le début de la « petite ère glaciaire ». Les hivers vont devenir de plus en plus rudes.
Dans ce contexte éprouvant, les chasses aux sorcières suscitent un effet cathartique auprès des populations.
L’auteur s’est attaché à faire renaître la chasse aux sorcières dans un village anglais : il ne réduit pas la chasse aux sorcières à un pur fait religieux et l’insérer dans le contexte d’une histoire totale particulièrement attentive aux réalités politiques, sociales et culturelles du temps. La quatrième de couverture présente ce roman comme une histoire d’amour uchronique. Je trouve l’adjectif un peu fort même si il s’agit d’une belle histoire d’amour. en effet, L’auteur d’une uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles ;  c’est ce que l’on retrouve dans « la rédemption de Christophe Colomb » d’Orson Scott Card.
On trouve dans ce roman le suspens d’un thriller, de la science-fiction et un roman historique. C’est très bon roman.

CITATIONS
« Le monde a basculé, dit-il comme pour lui-même. Les lapins poursuivent les renards. Et désormais, les spectres de l’Apocalypse planent au-dessus de nous tous. L’anxiété qui accompagne tout jugement semble avoir contaminé la nature même de la vie quotidienne. »
« d’autres chercheurs supposèrent même que le bois dense dans lequel étaient fabriqués les Stradivarius était le résultat d’une croissance ralentie durant cette période froide, Antonio Stradivari étant venu au monde l’année dernière. »

« Le résultat ne changeait jamais : une malfaisante pendait mollement au bout d’une corde tandis que le vent emportait les hourras de la foule aussi rapidement que la vie qui avait quitté son corps. La vie des badauds qui huaient, riaient, hurlaient et vociféraient, elle continuait. Nulle lumière divine ne tombait sur eux pour les récompenser de leur acte pieux, pas plus que le vent purificateur du changement ne venait rafraîchir leur peux en sueur. Ne restait que la vie, aussi dure. »

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