Drame romantique, théâtre

Les caprices de Marianne – ALFRED DE MUSSET

En 1832, Mr de Musset-Pathay meurt du choléra. Son fils, Alfred de Musset, est dévasté par le chagrin et se promet de travailler pour ne plus être à la charge de sa mère. Il s’enferme pendant 8 jours et noircit du papier, puis retourne au vin, au jeu et aux filles. Tel docteur Jekyll et Mister Hyde, deux êtres coexistent en lui : Coelio et Octave. L’un est un rêveur, un mélancolique ; l’autre est jouisseur, cynique et débauché.
Le premier voue un amour inconditionnel à la froide Marianne, pour l’autre les femmes sont interchangeables. Les caprices de Marianne sont publiés en 1833. Musset a 23 ans.

Les caprices de Marianne, c’est l’histoire de ce rêveur, Coelio, qui est amoureux de Marianne. Il ne sait pas comment lui déclarer sa flamme. Il envoie son ami Octave lui faire la cour. Elle tombe amoureuse d’Octave, cependant ce dernier va la repousser au nom de son amitié pour Cœlio, le double positif de sa jeunesse perdue, et parce qu’il ne l’aime pas.
A la fin de la pièce, convaincu de son destin malheureux et de la trahison de son ami, Cœlio va au devant de la mort.
Le souvenir prophétique d’Hermione, la mère de Coelio, sera alors réalisé : « Hélas ! il n’était plus temps ; on trouva dans sa chambre le pauvre jeune homme traversé de part en part de plusieurs coups d’épée. » (Acte I, scène 2)

AMOUR
« Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s’abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie, avant de savoir où sa chimère le mène, et s’il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s’éloigne peu à peu de la rive ; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l’entraînent en silence, et, quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu’il a quitté ; il ne peut plus ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas. » Coelio, Acte I, scène 1

 

Octave à Marianne (Acte II, scène 1) : 
« Vous ne pouvez ni aimer ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum. »
Elle répond à cette attaque de la manière la plus noble :
« Bien dit. Aviez- vous préparé d’avance cette comparaison ? Si vous ne brûlez pas le brouillon de vos harangues, donnez-le moi, de grâce, que je les apprenne à ma perruche. »

 

CONDITION DE LA FEMME
« N’est-ce pas une femme abjecte que celle qui obéit à point nommé, à l’heure convenue, à une pareille proposition ? Ne va-t-on pas la déchirer à belles dents, la montrer du doigt, et faire de son nom le refrain d’une chanson à boire ? Si elle refuse, au contraire, est-il un monstre qui lui soit comparable ? Est-il une statue plus froide qu’elle ? Et l’homme qui lui parle, qui ose l’arrêter en place publique son livre de messe à la main, n’a-t-il pas droit de lui dire : vous êtes une rose du Bengale sans épine et sans parfum. » Marianne, Acte II, scène 1 (sur le ton de l’ironie)

« Qu’est-ce qu’après tout une femme ? L’occupation d’un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu’on porte à ses lèvres et qu’on jette par-dessus son épaule. Une femme ! C’est une partie de plaisir ! Ne pourrait-on pas dire, quand on en rencontre une : Voilà une belle nuit qui passe ? » » Marianne, Acte II scène 1

 

IVRESSE
« L’ivresse et moi, mon cher Coelio, nous sommes trop chers l’un à l’autre pour nous jamais disputer ; elle fait mes volontés comme je fais les siennes. » Octave, Acte I, scène 1

 

JALOUSIE
« Il y a autour de ma maison une odeur d’amants ; personne ne passe naturellement devant ma porte ; il y pleut des guitares et des entremetteuses. » Claudio, le mari jaloux de Marianne, Acte I, scène 1

 

VERTU
« C’était un homme d’un autre temps ; il connaissait les plaisirs, et leur préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité. » Otave, en parlant de Coelio à son enterrement, Acte II, scène 6

 

Laisser un commentaire