Dialogue

Dialogues singuliers sur la langue française – Michael Edwards

Né le 29 avril 1938 près de Londres, Michael Edwards fait ses études à Kingston Grammar School et à la faculté de langues modernes et médiévales de l’université de Cambridge. Il fait une thèse sur Racine, et passe quatre années en France entre 1961 et 1965. Il enseigne ensuite à l’université en Angleterre. Mais Michael Edwards est un singulier personnage puisqu’il a décidé d’écrire en français – un sujet largement développé dans le dialogue qui occupe le livre dont il est question dans cette critique. C’est ainsi que le 21 février 2013, il est élu à l’Académie française.

En 2017, il publie chez PUF ce petit ouvrage : Dialogues singuliers sur la langue française.

Nous sommes ici en présence d’un dialogue de caractère, les deux personnages étant Me et Moi. Me représentant the English character, et Moi le personnage français. Comme vous l’aurez deviné, ce sont deux facettes d’une seule et même personne, cette personne n’étant autre que l’auteur qui se donne en exemple sur le sujet donné en titre : « la langue française ». Thème « bateau »…quelle est le véritable intérêt de ce livre ? Le regard extérieur apporté sur notre langue, un regard qui nous en apprend sûrement bien plus qu’un regard intérieur. Une preuve en est : Me permet très souvent à Moi de faire avancer le raisonnement.

« Me. – N’oublions pas que le français est loin d’être insensible à l’attrait des consonnes. Pense à abrupt, strict, structure.

Moi. – Qui s’imposèrent cependant à cause d’abruptus, de strictus, et de structura en latin.

Me. – Oui mais si les Français avaient répugné à ces formes, ne crois-tu pas qu’ils auraient trouvé le moyen de les modifier ? L’idée d’une évolution mécanique des langues est à revoir.

Moi. – Il est vrai que l’argot affectionne souvent les pièces bien frappées : meuf, keuf, ainsi que les abréviations familières : flag, matos, aprèm, cafète. Leur laideur pourrait néanmoins inciter à penser qu’elles tournent en dérision le système phonique qui opère à l’opposé. »

« La comparaison avec une autre langue, pourvu que tu sois prêt à admirer ce qui ne t’appartient pas et dont tu ne peux te flatter, aide à mieux connaître ta propre langue. La comparaison devient nécessaire. »

 

Une réflexion très riche et très intéressante qui ne pourra que charmer les amoureux de la langue française et des langues en général.

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