Théâtre

Dom Juan – Molière

Le Dom Juan de Molière incarne un paradoxe : il est « un grand seigneur méchant homme » (Sganarelle, I, 1). De son côté « méchant », Sganarelle donne d’ailleurs une description explicite lorsqu’il s’adresse à Gusman, l’écuyer d’Elvire – à ce moment, Dom Juan vient de se marier à Elvire et de l’abandonner et Gusman ne sait pas encore qui est Dom Juan :

« Je ne dis pas qu’il ait changé de sentiments pour Done Elvire, je n’en ai point de certitude encore […] mais par précaution, je t’apprends (inter nos) que tu vois en Dom Juan, mon maître, le plus grand scélérat que la terre ait jamais porté, un enragé, un chien, un Diable, un Turc, un hérétique, qui ne croit ni Ciel, ni Enger, ni loup-garou, qui passe cette vie en véritable bête brute, un pourceau d’Epicure, un vrai Sardanapale, qui ferme l’oreille à toutes les remontrances qu’on lui peut faire, et traite de billevesées tout ce que nous croyons. »

L’édition utilisée pour nos citations est :

MOLIERE, Dom Juan, Présentation Boris Donné, Editions GF Flammarion, 2013

Trois citations fondamentales pour comprendre la pièce et l’idée d’endurcissement : Dom Juan est celui qui refuse de se repentir, son destin tragique est perceptible des les débuts de la pièce.

« Ma foi, Monsieur, j’ai toujours ouï dire que c’est une méchante raillerie que de se railler du Ciel, et que les libertins ne font jamais une bonne fin. » (Sganarelle, I, 2)

« Et ne craigniez-vous rien, Monsieur, de la mort de ce commandeur que vous tuâtes il y a six mois ? » (Sganarelle, I, 3)

« Dom Juan, l’endurcissement au péché traine une mort funeste, et les grâces du Ciel que l’on renvoie ouvrent un chemin à sa foudre. » (La Statue, V, 6)

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