ROMAN

GANS VALERIE – le chant des lendemains

Lorraine et Arnaud un couple classique avec leurs deux enfants Bastien et Louise, se sont séparés quand Arnaud a rencontré Eliott.
Arnaud a épousé Eliott et cédant à la demande de son mari, Arnaud a accepté d’avoir recours à une méthode de procréation, la gestation pour autrui, afin d’avoir un enfant : Franck.
Lorraine a croisé la vie de Mario. Ils sont partis en Dordogne reprendre la propriété des parents de Lorraine.
A travers ces familles recomposées, l’auteur extrapole et élabore un roman où les problématiques sociales ont évolué.
Est-ce que le recours à une méthode de procréation médicalement assistée modifie le sentiment de paternité ou maternité ? qu’en est-il de la mère porteuse ? est-ce que ces pratiques ne vont pas converger vers l’eugénisme ?
Les états ont opté pour une canalisation des flux migratoires. Chaque ville, village doit accueillir des réfugiés et ce au prorata de sa population. Si l’accueil des populations réfugiées est résolu, d’autres difficultés apparaissent.
L’eau est devenu un enjeu géopolitique majeur. L’or bleu a supplanté l’importance du pétrole. Quelles sont les solutions pour palier sa raréfaction ? est-ce que les cultures d’OGM doivent perdurer ?
Dans cette société en mutation, les personnages se sont constitués leurs propres repères. Ils sont tous attachants.
Mon personnage préféré est Arnaud. C’est le looser du roman. Il est tout le temps à côté de la plaque. Mauvais père, mauvais mari pendant ses deux mariages, sa carrière de professeur est bien fade par rapport à tout ce que les autres personnages entreprennent. Il est mou, faible. Puis au fil des pages, on apprend à l’aimer, car on s’y retrouve dans ce personnage qui ne veut pas évoluer, qui se laisse aller et surtout qui ne sait pas dire ce qu’il ne va pas. Il se trouve constamment des prétextes pour ne pas affronter la réalité. Il lui faudra aller bien loin pour se trouver.
Une phrase de Mario, l’agriculteur qui a trouvé une céréale résistante nécessitant très peu d’arrosage, peut résumer ce roman tout compte fait optimiste : « le monde change et tout finit toujours par se remettre dans l’ordre. Un ordre différent, mais un ordre quand même. Et au bout du compte, c’est ça qui est important… »
Cette chronique familiale en teintes pastelles est vraiment agréable à lire. Les thèmes abordés peuvent faire l’objet d’un traitement sans nuances voire racoleur. Ici, la réflexion est vraiment pertinente et la qualité de l’écriture sert le propos.

 

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