conte philosophique

A la table des hommes – GERMAIN SYLVIE

Alors qu’elles vont au lavoir, les femmes trouvent un jeune garçon nu qui ne sait pas parler. Il a une allure singulière. Il est pris en charge par Ghirzal la plus âgée.
Le lieu, l’époque ne sont pas précisés. C’est un pays qui se reconstruit suite à une longue guerre.
Surnommé Babel, le jeune inconnu observe ses contemporains, tente de les approcher, mais il lui manque les codes de la vie en société et le langage. Alors que ceux des animaux, des plantes, du cosmos lui semblent familiers. Il a un lien privilégié avec une corneille qui l’accompagne.
Dans la culture amérindienne, la corneille désigne la Loi sacrée. Elle perçoit l’Illusion qui réside dans l’interprétation que l’humanité donne aux mondes, tant physique que spirituel.
En apprenant à devenir humain, Babel va découvrir la vacuité de l’existence et perdre sa relation au monde : « simplement, l’harmonie établie entre lui et son environnement s’est distendue, il n’est plus porté par le flux du temps, et l’insouciance paisible où il flottait se dissout, sans raison… Commence une lente dérive vers l’insignifiance, il ressent une sensation de fadeur, une impression de vide. » On va le rebaptiser Abel, comme le second fils d’Adam et Eve.
L’étymologie du nom d’Abel est incertaine : Elle peut être issue de l’hébreu Hèvèl signifiant souffle, vapeur, vanité, l’auteur biblique construisant ce prénom pour symboliser l’existence précaire d’Abel. Elle peut également avoir une relation avec l’akkadien aplu ou ablu, « fils » et serait une construction littéraire de l’auteur biblique pour mettre en parallèle ce prénom avec celui d’Adam (« humanité ») et d’Hénoch (« homme »).
Il va regarder avec son œil de Candide la société humaine : la méchanceté, la bonté, la guerre « passions congénitale de l’humanité, elle ne cesse jamais sur la terre, pas un jour, pas une heure, elle se déplace, c’est tout… ».

On retrouve dans cette fable, un thème que Bernard Werber avait développé dans « le père de nos pères » : L’homme et le porc ont des patrimoines génétiques proches et pourraient avoir une ascendance commune.
Fable, conte philosophique, ce récit à l’écriture poétique est un réquisitoire contre la prédation violente et gratuite dont les hommes font preuve que ce soit envers les animaux ou leurs contemporains.

 

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