Roman noir

GIEBEL Karine- Satan était un ange

François roule à tombeau ouvert sur l’autoroute du Sud. La nuit arrive, il pleut. Il aperçoit un auto-stoppeur. Il s’arrête. L’homme est jeune. Son visage est lumineux.

François est un avocat reconnu. Il est aisé et habitué à évoluer dans les classes sociales les plus aisées de la société. Son compagnon vient d’un milieu beaucoup plus modeste.

La seule chose qui réunit ces deux hommes est la fuite. Chacun fuit un danger qui le terrifie. Peu à peu, les secrets sont dévoilés.

Satan était un ange est une allégorie qui à mon avis résume bien ce roman noir.

Dans la bible, Satan est châtié pour s’être rebellé.  Satan est donc un ange déchu qui devient le tourment de l’humanité.

Ici, l’ange est l’innocent que la misère et la violence ont transformé en prédateur.

 « Je pleure parce que je souffre de l’injustice que je rends.

Parce que je suis un prophète. Qui annonce mort et destruction. »

L’auteure cite tout au long du roman des passages du recueil « les Fleurs du mal ». Ces passages marquent l’évolution de l’histoire. Ces extraits choisis soigneusement soulignent les thèmes du roman que l’on peut retrouver chez Charles Baudelaire : la souffrance d’ici-bas, le dégoût du mal (et souvent de soi-même), l’obsession de la mort, l’aspiration à un monde idéal.

Un très beau roman noir qui colle à l’actualité.

L’auteure :

Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération. Elle publie deux premiers romans dans la collection « Rail noir ». En huit romans, souvent primés, elle s’est fait une place à part dans le thriller psychologique.

Citations

« Qu’on l’apprivoise avec des caresses plutôt qu’à coups de fouet… accepter qu’entre humains, il existe autre chose que les rapports de force. »

« On vend et on achète les gens ! les mômes, les filles surtout… Partout dans le monde, on vend et on achète les gens comme toi tu achètes tes clopes… »

« Et une émotion qui ne connaît plus de limite. Circonstances atténuantes accordées par le jury. Il ne s’y attendait pas. Ne l’espérait plus, de personne. »

« Pardonner, il ne peut pas. Pas plus qu’il ne peut condamner.

Accepter l’inacceptable, c’est déjà beaucoup. »

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