Science-Fiction

Glukhovsky Dmitry – Métro 2033

2033, une guerre nucléaire a ravagé la planète. A Moscou, les survivants sont ceux qui se sont réfugiés dans le métro pour échapper aux radiations. C’est un nouvel univers auquel il a fallu s’adapter. Désormais, « les employés du métro avaient aux yeux de tous la même place que celle occupée par les guides autochtones dans les expéditions d’études dans les jungles ». Même décimés les hommes ont encore trouvé le moyen de s’entretuer pour des territoires : le contrôle des stations apporte le pouvoir.
Il n’y a plus de moyens de traverser rapidement le métro de part en part. alors qu’il fallait une heure pour rejoindre les deux extrémités en train, les gens marchent des semaines durant sans être sûrs d’arriver à destination. Les fables les plus folles circulent.

Artyom, une vingtaine d’années, est né à la surface. Il ne se souvient pas de son père. Jusqu’à l’âge de cinq ans, il a vécu avec sa mère dans la station Timiriazevskaya. Mais une invasion d’énormes rats gris a anéanti toute vie dans cet endroit. « Dévorant sur leur passage les morts et les vivants, les hommes aussi bien que leurs congénères, les rats couraient ventre à terre à l’assaut des tunnels. Une force invisible et inconcevable pour l’esprit humain leur insufflait cet élan cruel …. » sa mère implore un soldat qui fuit. Ce dernier se saisit de l’enfant et l’emporte.

Son père adoptif est un homme important et secret. Ils habitent la station VDNKh. Cette station périphérique est un avant-poste et fait face à un nouvel ennemi : les Noirs ou la non-vie, des créatures « nues, recouvertes d’une peau noire et luisante, les yeux démesurés et la bouche béante. » ils agissent sur le psychisme. Au fur et à mesure qu’ils avancent la terreur envahit les soldats. La peur imprègne l’ensemble de la population de la station.

Hunter est un militaire qui parcourt le métro pour assurer la sécurité. Il devine que cette menace vient du jardin botanique qui est au-dessus de la station et décide d’aller voir ce qu’il se passe. Il donne pour mission au jeune Artyom d’aller raconter ce qu’il se passe à un homme prénommé Melnik s’il ne revient pas de son raid.

Hunter disparaît. Respectant sa promesse, Artyom part à travers le métro.

Ce roman est de la même veine que les récits légendaires qui existent depuis la nuit des temps, comme l’épopée de Gilgamesh. Notre héros commence son périple suite à un appel à l’aventure. Il doit réparer une faute (quelques années auparavant, il est monté à la surface avec des amis malgré une interdiction formelle. Ils ont laissé un vantail ouvert. L’ennemi s’en est servi.) il doit quitter son environnement (Artyom veut respecter la promesse faite à Hunter. Il doit délivrer un message qui va l’emmener loin de chez lui). Il va rencontrer un mentor, Khan qui lui communique un rapport à la vie spirituel : « Je sais que ton voyage a un but et que ton chemin est long et périlleux. J’ignore quelle est ta mission, mais je sais qu’elle sera lourde pour tes seules épaules, alors j’ai décidé de t’aider, ne serait-ce qu’un petit peu.» il part à la quête de son destin, une quête qui va complètement le transfigurer.

L’auteur a créé tout un univers au gré des tunnels. On y retrouve des cosmogonies, des systèmes politiques… une réflexion sur l’humanité et le sens de la vie.

C’est un roman extrêmement bien construit. Chaque page apporte sa contribution à l’avancée de l’histoire. On se retrouve plongé dans un univers sombre uniquement éclairé par des lumières blafardes. On voyage à travers les tunnels en appréhendant les dangers inconnus qui surgissent à tout moment. Et quand on sort à la surface, on n’a qu’une hâte retourner sous terre. La vie qui s’est développée y est trop dangereuse.  Le héros évolue au fur et à mesure de ses tribulations. Comme lui on en sort changé…

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