Roman historique

GRAINVILLE PATRICK – la falaise des fous

Revenu d’Algérie en 1867, un jeune Normand de 20 ans s’établit à Etretat en tant que régisseur de la ferme de son oncle. Il entreprend le récit de sa vie de 1868 à 1927.
Témoin privilégié des débuts de l’impressionnisme, il décrit une époque bouillonnante de son fief normand.

LE ROMAN
L’auteur utilise un personnage central assez falot comme narrateur. En effet, ses histoires d’amour sont d’un ennui : tout d’abord, il séduit sa voisine, une femme plus âgée que lui. Quelques années plus tard, il s’éprend de la fille de cette femme qui entre temps est rentrée dans l’âge plus que mûr.
Et enfin, il trouve chaussure à son pied avec Aline, avec qui il aura une fille.
Ce narrateur assez insignifiant permet à l’auteur de mettre toute la lumière sur la fresque historique de ce roman, et notamment l’école normande des Impressionnistes. Les falaises d’Etretat, un des sujets chers aux peintres, vont servir de toile de fond à cette évocation.
En cette fin de 19e siècle, des artistes décident de rompre avec la tradition. Ils se libèrent des thèmes traditionnels : la mythologie, l’histoire, les portraits.
Ils sortent de leurs ateliers. Grâce aux chevalets portables et aux tubes de peinture, ils vont à l’extérieur. Ils veulent traduire des impressions.
Les premières pages du roman évoquent Monet : « Puis il reprit son chemin vers cet Aval qui l’obsédait, l’arche, sa caverne lumineuse et l’arc-boutant colossal enjambant la mer mousseuse. Cette figure gothique le happait. »
Monet laisse la place à Courbet, « le phoque », un fanatique de natation comme Maupassant, lui aussi obsédé par ces falaises. « Les falaises gothiques attirent ainsi des originaux, des détraqués facétieux. Un paysage d’une beauté si singulière, si hugolienne, ne fait pas le tri. »
La qualité de l’écriture de ce texte est indéniable. Certains passages sont savoureux comme l’évocation d’un article de Courbet dans le journal officiel de la Commune « La revanche est prise, Paris a sauvé la France.. Aujourd’hui, Paris est libre… le peuple héroïque de Paris » et l’auteur commente : « On sent que cette ode à Paris libéré a été et devra être encore beaucoup imitée. »
Cependant, le parti pris de l’auteur de mettre en avant Clémenceau, les Impressionnistes, La Commune, la 1ère Guerre Mondiale, la révolution industrielle et technologique, la Normandie, etc. fait que ce livre ressemble parfois plus à un inventaire qu’à un roman.
A lire pour le style magnifique de l’auteur.
L’AUTEUR
Patrick Grainville, né le 1ᵉʳ juin 1947 à Villers-sur-Mer dans le Calvados, est un écrivain français. Originaire de Normandie, il remporte le prix Goncourt en 1976, à 29 ans, pour son quatrième roman, Les Flamboyants, qui raconte l’épopée d’un roi fou africain imaginaire, Tokor.

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