ROMAN, Roman historique

Grand Siècle, Livre I L’académie de l’Ether – Johan Helliot

Né en 1970, Johan Heliot est un auteur reconnu autant en jeunesse qu’en littérature adulte. En avril 2017, il publie aux éditions Mnémos Grand siècle, Livre I : L’académie de l’Ether.

Récit uchronique, Grand siècle prend place durant les jeunes années du règne de Louis XIV, alors qu’il est assisté par le cardinal Mazarin. Un lieutenant de frégate, Baptiste Rochet, arriviste déserteur présente au jeune roi une étrange météorite sphérique, rapportée de son dernier périple en mer. D’où vient cette météorite sinon de l’Ether? Cette découverte pousse le Roi-Soleil à se lancer à la conquête de l’Ether, accompagné par Blaise Pascal, inventeur de la Pascaline, une machine de calcul.

Parallèlement, une fratrie de paysans orphelins monte à Paris dans l’espoir d’avoir une vie meilleure… Leur vie sera intimement liée au cercle royal et à ses opposants.

 

La plume de l’auteur captive le lecteur. En guise d’exemple, voici cette description :

« Pierre n’arrivait même pas à lui donner un âge. Sous ses atours de grandiose décrépitude, constitués de haillons chamarrés cousus à la diable, rehaussés de breloques glanées aux étals des marchands par les petites mains habiles de son armée de milliards, entre autres chapardeurs patentés, le grand Coësre pouvait être centenaire, ou guère plus vieux que le père au moment de se passer au cou la cravate de chanvre ; mais son autorité était incontestable autant qu »incontestée, la crainte qu’il inspirait à la hauteur de sa terrible réputation. Ses ordres avaient valeur de vie ou de mort sur chacun des habitants de la Cour des Miracles. Un mot de sa par suffisait pour que La Cognée se mît à l’oeuvre, et rien alors ni personne n’aurait pu se dresser en travers de son chemin. »

 

C’est un bon roman, bien écrit et agréable. Les personnages sont attachants. Mais il faudra relever toutefois les nombreux anachronismes :

_ la mère défunte de la fratrie était lettrée et a appris à ses enfants les rudiments de la lecture et de l’écriture. Je ne doute pas qu’il y a dû avoir des cas (très rares) de paysans sachant vaguement lire (prise sous son aile par un homme d’Eglise ou autre), mais une femme de surcroît maîtrisant le grec et le latin me parait improbable.

_ la fille de cette mère, donc une paysanne lettrée, se lance grâce à son protecteur dans la publication de pamphlets dont le sujet est la folie des grandeurs du roi. Une paysanne publiant des pamphlets? peu probable.

Enfin, il faudra ajouter que certains chapitres intercalés sont peu clairs.

 

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