Essai

Introduction au carnisme – Mélanie Joy

Introduction au carnisme est un essai publié en mai 2016 aux éditions l’Âge d’Homme. Ecrit par Mélanie Joy et initialement publié aux Etats-Unis en 2009, il est traduit de l’anglais (USA) par Laure Gall.

Le sous-titre bouscule d’ores-et-déjà le lecteur : Pourquoi aimer les chiens, manger les cochons et se vêtir de vaches.

La préface est écrite par Matthieu Ricard et Martin Gibert, deux figures majeures de la lutte pour le bien-être animal.

« Nous sommes [tous] partisans du bien-être et de la justice. Nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il est inacceptable d’infliger sans nécessité des souffrances et la mort à d’autres être sensibles. Alors pourquoi cessons-nous abruptement d’avoir de la considération pour autrui dès qu’il ne s’agit plus de l’un de nos semblables? »

 

La défense animale (comprenez par là celle des animaux non-humains) est un combat bien plus avancé chez nos amis anglo-saxons. Les mentalités évoluent plus difficilement chez nous ; mais voilà une bonne nouvelle : un ouvrage scientifique outre-atlantique concernant ce combat est enfin à portée de mains en France! En effet, Mélanie Joy aborde dans cet ouvrage un aspect extrêmement intéressant du carnisme. Après avoir posé les bases de l’idéologie carniste, elle identifie les processus permettant aux individus de cautionner la violence qui a lieu dans les élevages et les abattoirs. Outre l’ignorance entretenue par les lobbys de la viande et des produits laitiers, interviennent des processus psychologiques dans l’évitement de la réalité. Des processus tels que l’engourdissement psychique : une manière de se « déconnecter » mentalement et psychiquement de son expérience.

« L’engourdissement psychique est adaptatif, ou bénéfique, lorsqu’il nous aide à faire face à la violence. Mais il devient inadapté, ou destructeur, quand il est utilisé pour permettre la violence, même si cette violence est aussi lointaine que les usines dans lesquelles les animaux sont transformés en viande. »

 

Loin de vouloir culpabiliser le consommateur, l’auteure cherche à le conscientiser. Elle s’inscrit dans une démarche bienveillante, et ne se fie qu’à une solide documentation et à des conclusions scientifiques qui guident le lecteur (et consommateur, de A à Z).

On aperçoit là la continuation de la lutte pour la liberté des plus faibles, de ceux qui durant toute l’Histoire ont été des victimes de l’action d’individus se croyant plus fort. Dans la lancée des luttes pour les droits de la femme, de l’enfant, des homosexuels, (et j’en passe) il faut ajouter désormais la lutte pour les droits des animaux non-humains.

« La nourriture, et particulièrement les produits animaux est hautement symbolique, et c’est ce symbolisme, couplé et renforcé par la tradition, qui est en grande partir responsable de nos préférences alimentaires ».

 

Un ouvrage hautement militant et d’une importance capitale. Comment ne pas recommander?

Laisser un commentaire