Roman contemporain

JONCOUR SERGE- Chien-Loup

L’HISTOIRE

Orcières le Bas, petit village du Lot, est un lieu privilégié comme tous ces endroits loin des voies de communication, où la nature a gardé ses droits.
Le roman évolue sur deux époques. Les premières pages débutent le 31 juillet 1914. Un moine surgit dans la nuit. Il va jusqu’à Compostelle. « A voir ce mystique ayant perdu le nord on aurait dû sentir que dès le lendemain le monde basculerait vers une autre ère et que cette mue se ferait dans la folie, le feu et la peur, et surtout le sang. »
Comme le signale l’auteur, il n’y a pas que les humains qui ont payé le prix du sang, les animaux aussi. « Partout en Europe, les animaux furent enrôlés au même titre que les hommes, au premier rang desquels des centaines de milliers de chevaux qu’on envoyait au feu, … Aux bœufs on attela des canons sur des chemins impossibles. » toute la faune prise « dans la démence des feux », ce fut « des millions de proies immolées sans même avoir eu l’honneur d’être chassées. »
Wolfgang, dompteur de son état, décide de sauver ses fauves et se réfugie sur le causse à Orcières le Bas. Il se pose, avec l’accord du maire sur le mont qui domine le village. « Un mont moins sacré que celui de Noé, moins noble sans doute, mais non moins exposé aux plus violents règlements. Avec ses bêtes, il se posa là, tel un Noé sans alliance. »
Les villageois craignent ce voisinage. Mais la superstition est reine. Et Jean l’ancien garde-champêtre énonce que « On ne cherche pas querelle à un homme qui fait s’asseoir des tigres et des lions, ça porte malheur… »
Printemps 2017 : l’autre histoire est celle de Franck, producteur de cinéma, piégé par ses associés et de sa compagne Lise, ancienne actrice.
Elle veut se retirer de la vie citadine pour quelques temps et choisit de louer une maison à Orcières le Bas. Franck est addict au téléphone et aux réseaux sociaux. Toutefois, il accepte pour lui faire plaisir même si il a relevé des détails bizarres. Les vacances commencent très mal pour ce dernier ; il se sent oppressé par le silence et les bruits de la nature. Mais une rencontre avec un chien-loup va changer sa façon de voir les choses. Il va peu à peu trouver du plaisir dans ce mode de vie loin de la superficialité de la ville.

LE ROMAN
Les connaissances en matière d’éthologie de l’auteur sont un véritable plus dans cette histoire. Les rapports chien-maître, berger-mouton, dompteur-félin sont un des ressorts de l’histoire. « Etre maître d’un animal c’est devenir Dieu pour lui. Mais avant tout c’est lui assurer sa subsistance, sans quoi il ne redeviendrait rien d’autre que sauvage, ou mourrait. La nourriture, tout part de là, c’est la concession faite à la liberté. »
L’intrigue s’exacerbe au fil des pages entre un passé maléfique et un plan machiavélique qui germe dans la tête de Franck envers ses associés. On dévore ce roman.
C’est aussi un magnifique hommage aux femmes qui ont remplacé les hommes en 1914 et aux animaux.

L’AUTEUR
L’auteur interviewé sur France 24, a écrit ce roman à partir de la maison qui existe réellement. Rien n’a changé réellement depuis 150 ans. Il n’y a pas de bruit à part celui des oiseaux et on y est réellement coupé du monde. Quant au smartphone, qui est pour lui une addiction, il est soulagé de constater qu’on parvient à faire une mise à distance rapidement. Il termine en demandant aux animaux un coup de main car l’humain ne s’en sort pas.
Vous pouvez retrouver cette interview : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/other/chien-loup-ou-la-sauvagerie-de-notre-soci%c3%a9t%c3%a9-selon-serge-joncour/vi-BBNb5Dg

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.