Roman historique

La nuit des béguines – KINER ALINE

Un peu d’histoire :
Louis IX était un roi réformateur. Il a souhaité la justice pour tous ses sujets. Il a soutenu la création des ordres mendiants, fondé des hôpitaux pour les plus pauvres, un couvent pour les prostituées repenties de Paris.
Alors que l’on débat encore de la condition féminine, il en a été un des premiers défenseurs en permettant l’établissement de communautés de béguines. Ces communautés permettaient aux femmes se retrouvant seule de mener une vie indépendante de toute domination masculine. Le phénomène est partiellement dû à une surpopulation féminine au temps des Croisades, entre 1092 et 1270. Trop de veuves souhaitaient rentrer dans une vie religieuse. Les couvents ne pouvaient pas accueillir toutes les candidates.
Les béguines furent les premières religieuses dans le monde.
Le roman :
L’histoire commence en 1310 avec le supplice de Marguerite Porete, une béguine des Flandres, brûlée vive en place de Grêve. En effet, dans un livre intitulé Mirouer des simples âmes anéanties, elle exprime son mysticisme et présente l’Amour de l’âme touchée par Dieu. Ses adversaires y lisent une démarche qui se passe de l’Église comme institution, qui relativise les sacrements et rejette la morale.

Le clos des béguines est un havre de paix dans Paris. Ysabel, a rejoint le grand béguinage au décès de son deuxième époux. Elle s’est investie dans la vie de cette communauté. Elle connaît les plantes, prépare des remèdes, et fait partie du conseil des quatre sages qui aide la maîtresse à administrer l’institution.
L’hiver est rude. Un matin, elle découvre une jeune fille recroquevillée devant la porte du clos. Elle la recueille : Maheut la Rousse fuit un homme qu’on lui a imposé comme époux.
Autour d’Ysabel gravitent d’autres femmes qui tentent de prendre leur destin en main :
_ Ade reste murée dans sa douleur suite au décès de son mari.
_ Agnès, victime d’un mari violent qui a ruiné sa famille et s’est enfui hors du royaume.

Jeanne du Faut a quitté le béguinage pour reprendre le commerce de la soie légué par son père.
L’époque n’est pas propice à leur émancipation. Depuis 1303, les catastrophes s’abattent sur le royaume : gel des cultures, sécheresse, incendie… On regarde vers le ciel car on pressent ces épreuves comme des punitions divines. Philippe le Bel est hanté par la crainte de l’hérésie. L’Eglise resserre son étau autour de tout ce qui remet en cause son influence. Le sort des Béguines apparaît bien compromis.

 

L’éradication des templiers par Philippe le Bel a souvent été expliquée par les dettes contractées par les finances royales. Une autre thèse mise en avant dans ce roman est la profonde piété du roi.
La trame du roman est savamment mêlée aux événements historiques. Les personnages sont attachants. Ce récit nous transporte aux temps du « roi de fer » et fait la part belle à des femmes fortes et intelligentes.

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