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La comtesse de Tende – Madame de Lafayette

La comtesse de Tende est publiée en 1664.

L’histoire :

La Princesse de Neufchâtel est veuve et constitue un très bon parti. Le Chevalier de Navarre, qui est ambitieux, souhaite donc l’épouser. Pour parvenir à ses fins, il fait jouer ses contacts : on le présente à Clarisse Strozzi qui doit l’aider à approcher la Princesse. Mais le Chevalier tombe fou amoureux de Clarisse et veut tout abandonner pour elle.

« Le chevalier la vint voir. Il prit des liaisons et des mesures avec elle, mais, en la voyant, il prit aussi pour elle une passion violente, mais il ne s’y abandonna pas d’abord. Il vit les obstacles que des sentiments partagés entre l’amour et l’ambition apporteraient à son dessein. »

« Il n’est pas question de mon mariage, il ne s’agit plus de ma fortune. Il ne s’agit plus que de votre cœur, Madame, et d’être aimé de vous ; je renonce à tout le reste. Vous m’avez laissé voir que vous ne me haïssez pas, mais vous m’avez voulu cacher que je suis assez heureux pour que mon mariage vous fasse de la peine. Je viens vous dire, Madame, que j’y renonce, que ce mariage me serait un supplice et que je ne veux vivre que pour vous. L’on m’attend à l’heure que je vous parle, tout est prêt, mais je vais tout rompre si, en le rompant, je fais une chose qui vous soit agréable et qui vous prouve ma passion. »

Clarisse l’en empêche et il finit par se marier avec la Princesse. Malgré tout, leurs entrevues se succèdent, et Clarisse tombe enceinte. Les malheurs s’accumulent alors pour la jeune Clarisse : le Chevalier meurt dans une bataille (nous sommes encore en pleine guerre de religion), et elle doit avouer à son mari qu’elle est enceinte. Elle le fait en lui transmettant un billet lui demandant son arrêt de mort, le mari répond et voici la réaction de la comtesse :

« La comtesse reçu ce billet avec joie. Elle le croyait l’arrêt de sa mort et, quand elle vit que son mari consentait qu’elle laissât paraître sa grossesse, elle sentit bien que la honte est la plus violente de toutes les passions. »