Roman historique

La traversée du paradis – Antoine Rault

« Il n’est qu’un espion. C’est toute son histoire à lui. Un espion qui a pour seule identité Gustav Lerner, officier allemand. Aucun autre papier d’aucun autre pays. L’identité d’un homme qui n’est pas lui. ». A l’heure de ces pensées, Gustav Lerner est en Allemagne chez une femme que l’on pense être sa mère. La première guerre mondiale est terminée, il est rentré de la Baltique. Malgré son amnésie, il tente de se reconstruire une vie, loin des combats et des services secrets. Mais un jour, alors que les services secrets allemands tentent de le convaincre de partir en Russie pour une mission d’espionnage, il reçoit des nouvelles d’une femme : ce sont celles de Tamara Mizinova, une femme russe qu’il a rencontrée à Berlin. Quelques jours plus tard, il se trouve à Moscou.

A Moscou, Lerner n’a qu’un seul but, retrouver cette femme. C’est sans compter sur la Tcheka, police politique de la Russie stalinienne, qui voit d’un mauvais œil les pseudo-communistes allemands qui viennent de débarquer sur leur territoire.

 

Antoine Rault est dramaturge, romancier et scénariste. La traversée du Paradis est son quatrième roman. Une immersion au sein des relations politiques germano-russes des années 1920.

 

Un amour pur et touchant

Ce roman d’Antoine Rault se déroule au sein d’un monde en grave conflit. La première guerre mondiale est finie, mais nous assistons à l’émergence des dictatures, et à l’intensification de la haine raciale. Les conditions de vie sont dures, surtout en Russie où la population meurt de faim et de froid.

Gustav est observé 24/24 et torturé, Tamara de son côté rentre en Russie après des années de prostitution, et doit lutter pour retrouver sa fille.

Malgré tout, ces deux êtres s’aiment envers et contre tout. Leur parcours de vie est marqué par cet amour. On peut alors comprendre le titre : la traversée du paradis

 

Une écriture à couper le souffle

L’auteur parvient à faire ressentir chaque émotion, chaque hésitation. Tous les gestes sont palpables, on a même l’impression de voyager avec les personnages.

L’auteur allie une qualité d’écriture et un goût pour le réalisme propre à la dramaturgie et à la scénarisation.

Des personnages caractéristiques

Grâce à son écriture ciselée, l’auteur parvient à dessiner des figures « typiques ». On parvient à voir dans les manières des personnages leur caractère : l’auteur développe une psychologie des personnages parfaite. Une description en particulier m’a particulièrement marqué : celle de Johannes Friedrich Leopold von Seeckt, le chef de l’Armée allemande.

« Johannes Friedrich Leopold von Seeckt dit Hans von Seeckt cultivait le secret avec l’art consommé d’un empoisonneur. Dans son bureau ce cinq mètres de hauteur sous plafond donnant sur le morne Landwehrkanal et les petits seules tremblants qui le bordaient, il mûrissait chaque coup comme un joueur d’échecs en prenant garde de dévoiler le moins  possible de ses intentions ultimes. Ses hommes le surnommaient le sphinx. Il dissimulait ses pensées au fond de ses petits yeux brillants, parlait peu, écoutait beaucoup en caressant du doigt sa moustache touffue tout blanche qui lui donnait cet air de fox-terrier qui amusait Neill Malcolm. » Etc. Etc.

 

Je recommande absolument ce livre.

 

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