Biographie

La valse des arbres et du ciel – Jean-Michel Guenassia

Jean-Michel Guenassia est né en 1950. Avocat puis scénariste et auteur dramatique, il se consacre en 2002 à l’écriture du Club des incorrigibles optimistes, roman publié chez Albin Michel et pour lequel il reçoit le Goncourt des Lycéens en 2009. Il est également l’auteur d’une pièce de théâtre : La rebelle. En 2016, il publie encore chez Albin Michel La valse des arbres et du ciel. Ce roman est publié en 2018 aux éditions Le livre de poche.

 

« Je tiens à être honnête avec ceux qui me liront, mais surtout avec moi-même. Ces souvenirs heureux sont tout ce qui me reste et je ne veux pas qu’ils soient gâchés. »

Véritable chef-d’œuvre, ce roman se présente comme les mémoires de Marguerite, l’amante de Vincent Van Gogh. Dans la réalité, aucune preuve n’atteste la relation amoureuse entre Marguerite et Van Gogh, le livre n’est malheureusement qu’une fiction. Malheureusement pour le lecteur qui se prend au jeu, qui avance dans l’histoire avec avidité, avec l’envie irrépressible de savoir : mais que va-t-il arriver à nos deux amants ? Et si cela était vrai ?

L’auteur nous rapproche immensément de Van Gogh. Ce n’est pas l’artiste torturé qui s’est coupé l’oreille qui nous est conté, mais un homme dédié à son art, un homme qui ne vivait que par l’art : Van Gogh est la religion de Marguerite. Cette dernière se demandera sans relâche comment il peut voir les choses de manière si particulière et comment il parvient à les peindre.

« Je reproduis ce que je vois avec facilité. Je suis une imitatrice-née mais moi, je n’existe pas. »

 

Une fiction grisante

Guenassia met entre nos mains un témoignage enivrant. Roman original, la rencontre de la jeune fille rêveuse qu’est Mathilde et de l’homme inspiré qu’est Van Goh aiguise la curiosité, éveille tous les sens. Le résultat en est que : il est impossible de reposer le livre avant d’en avoir goûté toutes les phrases.

 

Une immersion dans l’époque impressionniste

Naissance de l’impressionnisme. Résurgence de l’antisémitisme. Aperçu du rêve américain depuis la France. Tout y est.

Mathilde rêve de partir aux Etats-Unis et de s’y inventer. Le lecteur rencontre Pissarro, artiste subissant la résurgence de l’antisémitisme. Les émotions sont là, le lecteur ne peut résister.

 « Pissarro reniflait et avait les larmes aux yeux, qu’il essuyait d’un mouchoir tâché de peinture. »

 

Un artiste en action

Enfin, dans ce roman il nous est donné de voir Van Gogh peindre. Les descriptions sont telles qu’on peut se l’imaginer à Auvers-sur-Oise poser son chevalet dans la plaine et peindre le paysage.

« Puis il se lance à nouveau dans ce corps-à-corps, flagelle la toile de ses petits coups répétés. »

N’oublions pas les dialogues. L’auteur parvient à faire revivre un génie, une âme si inaccessible au commun des mortels.

« Je peins, Marguerite, je peins, et chaque jour qui se lèvera pour moi sera pareil ».

 

Je recommande ce livre. Je l’ai lu deux fois de suite.

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