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LAFON LOLA – Mercy Mary Patty

Octobre 1975, Neveva Gene, universitaire déplacée en France pour un an, doit rendre un mémo pour la défense de Patricia Hearth.
Le 4 février 1974, cette dernière a été enlevée par l’Armée de libération symbionaise (ALS). Après le refus d’un échange contre la libération de membres emprisonnés appartenant au groupe, l’ALS, au lieu d’une rançon, réclame que le père de Patricia fournisse les quartiers pauvres de Los Angeles en nourriture. Après plusieurs jours d’hésitation, la famille Hearst décide de verser la somme nécessaire. Mais l’organisation est désastreuse, et la nourriture est mal partagée : les camions censés distribuer les denrées repartent souvent avec le plus gros de la marchandise. L’Armée de libération symbionaise réclame alors qu’en conséquence, le double soit donné aux plus démunis. La famille de Patricia Hearst leur fait alors savoir qu’elle ne dispose pas de moyens suffisants.
L’inefficacité du FBI profite au groupe terroriste, lequel quitte Los Angeles. Patricia Hearst, sous le pseudonyme de « Tania », va à travers plusieurs messages audio, critiquer le caractère « bourgeois » de ses parents, et participer à des braquages à main armée. Le FBI va finalement mettre fin à leurs raids de façon sanglante. Patricia s’en sort indemne.
La famille de Patricia est prête à tout pour la sortir des griffes de la justice.
Elle fait appel à cette universitaire libertaire, car elle rédige une thèse sur un raid amérindien en 1704 où des villageoises ont été prises en otage. Certaines se sont évadées, d’autres refusent de quitter leur famille d’adoption. La thèse porte sur ces jeunes filles qui choisissent de rester avec leur kidnappeur.
l’universitaire fait appel à une jeune adolescente, Violaine, pour l’aider à trier les différents documents qui doivent lui servir à écrire un texte pour prouver l’incapacité de Patricia Hearts à réfléchir par elle-même. En effet, elle a besoin d’un œil neuf et de sa capacité à s’enthousiasmer pour des idéaux.
C’est un roman dense : Violaine devient le padawan de Neveva Gene qui l’entraîne à exercer son esprit critique sur tout, à ne rien prendre pour argent comptant.
C’est aussi une critique de la société américaine (dans les années 70, les protestations contre la guerre du Vietnam s’amplifient.) : « ma génération est malade d’avoir compris que nos parents sont les rouages les mieux huilés de la machine de mort américaine. Des employés modèles qui font comme si de rien n’était, du moment que la guerre n’éclabousse pas leur pelouse. Que ceux qui n’ont pas été conviés à la grande fête du rêve américain aillent crever loin de leurs regards. »
L’aspect qui m’a le plus intéressé est cette jeune fille riche qui adopte le point de vue de ces ravisseurs. Est-ce qu’il s’agit du syndrome de Stockholm, qui représente un concept réducteur de la capacité de réflexion d’un être humain.
« Le lavage de cerveau fait référence à l’expérience humaine la plus universelle qui soit : l’influence d’une personne sur une autre. On réserve l’accusation de lavage de cerveau aux influences qu’on désapprouve. »
Nous sommes tous le produit de notre classe sociale. Nous réfléchissons, agissons en fonction d’un habitus. Que se passe-t-il si nous rentrons en contact avec d’autres habitus ?

L’auteur : Lola Lafon, née en janvier 1974, est une écrivaine, chanteuse, compositrice, féministe et libertaire française. Née en France de père français et de mère roumaine. Elle naît dans le Nord de la France, et grandit en Bulgarie puis en Roumanie, jusqu’à ses 12 ans, à l’époque du régime de Nicolae Ceausescu. Elle revient en France au milieu des années 1980.

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