roman noir

LALAURY CEDRIC – Il est toujours minuit quelque part

Bill Harrington, 45 ans, vit avec sa femme et ses deux filles dans une petite ville à l’Ouest de l’Etat de New York. Mari fidèle depuis vingt ans, père attentionné est un professeur de littérature qui s’achemine doucement vers la retraite. Toutefois, sa vie va basculer avec la réception d’un roman policier intitulé Tu ne m’oublieras pas.
Il trouve la phrase d’accroche un peu racoleuse : Un homme seul. Hier encore, il était entouré d’une famille et menait une vie tranquille. C’était compter sans les ombres qui grouillaient autour de lui en criant vengeance.
Ce qu’il considère comme une œuvre de seconde zone, va faire remonter à la surface des faits vieux de vingt ans, profondément enfouis dans mémoire.
LE ROMAN
L’écriture sarcastique happe le lecteur dès les premières pages. Le personnage central, Bill Harrington, assiste à l’enterrement de son jeune beau-frère et commente intérieurement la vie du défunt. Il doit ensuite écrire un éloge pour un vieux professeur de grec, bientôt centenaire « ce n’est pas donné à toutes les carnes d’emmerder leur monde sur plus d’un siècle. »
Les problématiques du roman sont : la culpabilité, la vérité, les mensonges à soi-même et aux autres, la mécanique de groupe qui incité l’individu à agir autrement.
Comment un homme qui a commis l’irréparable et ne s’est jamais fait rattraper par le passé voir son petit monde s’effondrer. Le personnage central est égocentrique au possible, avec une absence d’empathie totale : un homme qui avait découvert que les arrangements avec la vérité pouvaient être maladroits, invraisemblables… il fallait seulement qu’ils correspondent à ce que les gens voulaient entendre »
L’auteur en profite pour railler les férus de littérature qui dédaignent la production contemporaine en invoquant Stéphen King : notre professeur de littérature envisagera même à un moment tout un semestre d’étude sur son œuvre.
On a envie de savoir le fin mot de l’histoire et le suspense est suffisamment présent pour nous captiver et nous maintenir en haleine jusqu’à la fin.
Un bémol : c’est l’absence de culpabilité du héros et sa fadeur, alors que tout tourne autour de la culpabilité. La fin est étrange.
L’AUTEUR
Cedric Lalaury est né à Montluçon. Après avoir étudié les lettres modernes à l’Université Blaise Pascal de Clermont II où il a notamment travaillé sur Giono, Aragon, et les littératures des XIXème et XXème siècles, il décide de se consacrer à l’écriture. Grand admirateur de littérature classique (Proust, Henry James, Virginia Woolf, Faulkner…) et aussi de roman contemporain (horreur, policier, thriller, roman noir, roman populaire), il aime aussi bien Stephen King, Fred Vargas que Borges, Joyce Carol Oates ou John Irving et H.P. Lovecraft.

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