Nouvelle

Le mobile – Javier Cercas


Roman traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic

Une nouvelle parue premièrement en 1987, Editorial Siamio, et en 2016 pour la traduction française chez Actes Sud.

« Javier Cercas est né en 1962 à Cáceres et enseigne la littérature à l’université de Gérone. Toute son œuvre a paru chez Actes Sud » (4ème de couverture).

D’environ 80 pages, il est rapide et convient parfaitement aux trajets dans le train…

Álvaro occupe un modeste emploi de juriste qui lui permet de vivre dans un appartement modeste. Et surtout qui lui laisse le temps de se consacrer à sa passion : « la littérature ; ses amitiés, ses intérêts, ses ambitions, son avancement professionnel ou l’amélioration de ses finances, ses sorties dans la journée ou la soirée, tout s’était vu relégué au bénéfice de celle-ci ». Son ambition ? Ecrire un roman et « la seule façon de combattre l’agonie du genre était de retourner au temps de sa splendeur et de s’imprégner de tous les apports, et notamment techniques, que le siècle avait offert et qu’il serait pour le moins idiot de gaspiller. Il fallait revenir à Flaubert ». Ainsi le protagoniste jette-t-il son dévolu sur ses voisins et ne reculera devant rien pour parvenir à l’écriture de son œuvre.

Il trouve par ailleurs le moyen de nouer des relations rapides avec des personnes avec qui il n’a jamais entretenu de relations particulières. Celles-ci se limitant à un « bonjour…Au revoir ». On peut déjà y voir une petite incohérence. Par ailleurs on déplore peut-être le manque d’attachement au personne principal pour qui on ne ressent ni empathie ni antipathie, ce qui aurait pu rendre la nouvelle plus prenante. Ceci est forcément dû à la rapidité de l’histoire. On pourra lire la plupart du temps des successions d’actions qui n’enrichissent pas particulièrement la nouvelle : « Il sortit. La lumière douce et limpide du début de printemps inondait la rue. Il entra dans le supermarché qui à cet heure-ci était presque désert. Il acheta du lait, du pain, une demi-douzaine d’œufs et quelques fruits ».

 

Une nouvelle « sur le modèle classique du marionnettiste manipulé », comme le font remarquer les éditeurs, pour ainsi dire « efficace ». Le travail d’indices est bien mené si bien qu’en y prêtant attention on ne remarque seulement qu’à la fin toutes les pistes laissées par l’auteur.

 

Pour conclure, on pourra lire dans une note de l’auteur «  ce livre est mon meilleur livre. J’ajouterai que, même si j’ai corrigé quelques détails de style et de ponctuation, le présent texte ne diffère pas de l’original ».

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