Essai 2018

Le monde est mon langage – Alain Mabanckou

« J’ai choisi depuis longtemps de ne pas m’enfermer, de ne pas considérer les choses de manière figée, mais de prêter l’oreille à la rumeur du monde.
Je ne suis pas devenue écrivain parce que j’ai quitté mon pays natal. En revanche, j’ai posé un autre regard sur celui-ci une fois que je m’en suis éloigné. »

Les Sénégalaises Mariama Bâ, Aminata Saw Fall, le Cubain Eduardo Manet, le Congolais Soni Labou Tansi, « un modeste professeur d’anglais et de français dans un collège de l’arrière-pays », le haïtien Jean Métellus, et l’Algérien Rachid Mimouni, ont un point commun : ils écrivent en français.

Dans son essai, Le monde est mon langage, Alain Mabanckou prône une littérature française qui n’est pas renfermée sur les frontières de la France, mais une littérature française bien plus riche. Selon lui la littérature est tant une manière de voyager qu’une manière de partager. En ce sens, on ne peut restreindre la littérature française à un pays. Pour l’auteur, l’autrice, comme pour le lecteur ou la lectrice, cet échange d’expériences démultiplie les perspectives d’apprentissage, et d’ouverture d’horizons.

L’auteur nous emmène à Paris, à la Nouvelle-Orléans, à Montréal, à Douala, à Marrakech, à Londres, et nous invite à considérer une Histoire littéraire beaucoup plus vaste qu’elle nous apparait. Ne plus hésiter à découvrir les poètes et romanciers fameux d’Afrique, embrasser l’art de Tchicaya U Tam’si « considéré comme un des plus grands poètes africains par Léopold Senghor », ou encore plonger dans les tréfonds du pouvoir de la littérature et de son aspect hautement subversif. Voilà ce que nous propose Alain Mabanckou.

 

« Après le temps je me dis que Richard m’avait au fond appris sans le savoir que le pouvoir de la littérature, celui-là qui nous catapulte dans un autre monde ou nous est permis de rêver et de devenir un Argentin né à Buenos Aires. »

Alain Mabanckou est essayiste, poète, romancier et professeur de littérature à l’université de Californie-Los Angeles (UCLA). L’ensemble de son œuvre a été couronnée par l’Académie française (Grand Prix de littérature Henri-Gal 2012). Il a remporté en 2006 le prix Renaudot pour son roman Mémoires de porc-épic. Il est aussi l’auteur de Verre cassé, et a composé des recueils de poésie tel que Tant que les arbres s’enracineront dans la terre. Le monde est mon langage est son sixième essai, publié chez Grasset en 2016, puis chez Point en septembre 2017.

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