Littérature du XVIème siècle, Théâtre

Le Trompeur de Séville et L’Invité de pierre – Tirso de Molina

Titre original : El Burlador de Sevilla y conviviado de piedra

Tirso de Molina était un homme d’Eglise du XVIème siècle. Il compose son Don Juan en 1530 en s’inspirant d’une légende impliquant des personnages ayant véritablement existé : Don Juan Tenorio apparait dans Las Cronicas de Sevilla.

Bref résumé :

Don Juan abuse d’Isabela à Naples, puis fuit en Espagne où il déshonore une paysanne, Tisbea, puis tente d’abuser de l’amante de son meilleur ami, Dona Ana. Il tue alors son père, le commandeur, et fuit. Dans sa fuite, il rencontre des paysans célébrant un mariage : il abuse de la mariée. Enfin, dans une ultime fuite, Don Juan et son valet Catalinon se réfugient dans la nef d’une église de Séville où ils font la rencontre de la statue du commandeur. Don Juan l’invite à Dîner. Le commandeur accepte et le soir même, à l’auberge de Don Juan la statue vient comme prévu et lui retourne l’invitation. Demain, Don Juan se rend à sa chapelle où le commandeur le fait brûler dans les flammes de l’enfer.

Le leitmotiv de cette pièce : Don Juan croit toujours avoir le temps de se repentir.

L’édition utilisée pour les citations qui suivent : Le Trompeur de Séville et L’Invité de pierre, El Burlador de Sevilla y conviviado de piedra, Tirso de Molina, Folio, édition bilingue, 2012, Malesherbes.

DON DIEGO « Dis-moi, scélérat, ne t’a-t-il pas suffi d’entreprendre avec une violence, une brutalité inouïes semblable traîtrise en Espagne, envers une autre noble dame ? Voilà que tu recommences à Naples dans le palais du roi, envers une femme de si haut rang ! Que le ciel te punisse…ainsi soit-il ! »   Di, vil : no basto emprender / con ira y con fuerza extrana / tan gran traicion en Espana / con otra noble mujer, / sino en Napoles tambien / y en el palacio real, / con mujer tan principal ? »  
Tisbea « Je garde dans la paille mon honneur tel un fruit savoureux, tel un cristal que l’on y pose pour qu’il ne se brise pas. »   « Mi honor conservo en pajas, Como fruta sabrosa, Vidrio guardado en ellas Para que no se rompa. »  
TISBEA « C’est la nature de l’amour d’aimer quand il est haï, de mépriser quand on l’adore ; si on le flatte, il périt ; il vit, quand on le c ouvre d’opprobre. » Todas por el se muren, Y yo, todas las horas, Le mato con desdenes, De amor condición propia, Querer donde aborrecen, Despreciar donde adoran, Que si le alegran muere, Y vive si le oprobian.
Idem Plaise à Dieu que vous ne mentiez pas. Plega a Dios que no mintais !
Don Juan   Puisque duper est ma vieille habitude, quelle question poses-tu, connaissant ma nature ?   SI burlar/ es habito antiguo mio, / ¿qué me preguntas, sabiendo / mi condicion ?   
Catalinon Vous autres qui trompez et abusez les femmes de la sorte, vous le paierez tous de la mort   Los que fingis y enganais / las mujeres desa suerte, / lo pagareis con la muerte. catalinon  
Don Juan   Vous me laissez un bien long répit! Que largo me lo fiais !  
TISBEA Toujours celles qui se rient des autres sont un jour l’objet de risée. Que siempre las que hacen burla / vienen a quedar burladas
Don Juan « Séville à grands cris m’appelle le Trompeur, et le plus grand plaisir que je puisse éprouver est d’abuser une femme et de l’abandonner déshonorée. » Sevilla a voces me llama / el Burlador, y el mayor gusto que en mi puede haber es burlar una mujer y dejalla sin honor.  
DON DIEGO Quoique en apparence Dieu te supporte et te tolère son châtiment ne saurait tarder, et toujours il garde un châtiment pour ceux qui, comme toi profanent son nom. Dieu, au moment de la mort, est un juge terrible.  Mira que, aunque al parecer / Dios te consiente y aguarda, su castigo ne se tarda, / y que castigo ha de haber / para los que profanais / su nombre, que es juez fuerte / Dios en la muerte.

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