Poésie 2018

L’enclume du monde – Isaac de Mont

Le 8 juin 2018 dernier, Isaac de Mont publiait un recueil de poème gratuit et accessible à l’adresse suivante : https://www.atramenta.net/lire/lenclume-du-monde/71829

A cette occasion, il me proposait d’émettre mon avis sur son travail. Je dois dire que j’ai été assez impressionnée par le talent de ce jeune auteur. L’enclume du monde est un recueil de poèmes captivant. Mêlant un style très dix-neuvième et une expérience humaine contemporaine, il nous fait voyager aux confins de l’imaginaire.

En prose ou en vers, j’ai aimé chacun de ces poèmes, et je vous fais partager mes trois poèmes préférés extraits de L’enclume du monde :

 

« L’imploration de la Terre »

Sûrement une référence à la Théogonie d’Hésiode, à la douleur de Gaïa étouffée par Ouranos puis à la révolte de leur enfant Cronos. Dans ce poème, il est évidemment question de la situation actuelle de notre chère Terre.

« — Délivre-moi du mal, de la femelle, de son expiration aride. Parasite acide, croquant mes mamelles. Tu me conduis, de dédale en dédale, de maux en cris. Tu m’épuises de par ta voix, de par tes enfants qui me piétinent aussi. Comme si tu avais pris le droit de m’aimer en m’étouffant ! Mais un jour viendra, je te promets – nul ne pourra se cacher. Les amoureux des nuages et de l’air qui les font bouger pourront s’enfiévrer. De par mes râles en tornades de chair atrophiée, vous implorerez mon pardon ! Mais pour ce monde que je vous ai donné, je vous dirai non. […] »

 

« Anastasia »

L’amour, l’amour, l’amour… un thème universel, séculaire, et indétrônable. Le ravissement produit par l’aimé(e) n’a pas d’égal.

« Pendant qu’un autre danse, danse, pendant qu’un autre se balance, lance un air tragique qui s’achève avant minuit. Une princesse désunie, quelque part en Russie, rugissante harmonie dans le train de nuit. Avant que l’infini me présente les traits de ton visage, entre les vapeurs du hasard et de l’ennui, bien après les limites dressées par les étoiles sauvages : c’est ta voix qui m’a guidé ici, pour qu’enfin, mes yeux puissent contempler la féérie de la vie. »

 

« Dove in the tempest »

Isaac de Mont compose également en anglais, et ce n’est pas dénué d’intérêt. Des sonorités qui favorisent la sensation de douceur, de lenteur : on a l’impression d’être dans un rêve.

« And if I wanted to stay awake, I would spend hours to make my world a bit younger. All the ways I would walk, anywhere I would talk about all the places I’ve never been. And all the things I’ve never seen. I would make them sound real. But it is hard to imagine even harder to climb the ladder, as there’s still blood along my chin. Is it here forever ? Remind me how frail my body is in the echoes of the summer breeze. I can hear my own heartbeat, is it your whisper ? Any melody would suit my mind – drums and choirs all around. And when I reach the ground, this is where I hear your sound. Closer to beauty and perfection, your absolute tenderness keeps me away from this mess. Would you be my solution ? Among the stars and castles of love, I would be the Tempest, you would be the Dove. There would be no lies and no tears anymore. Only kisses in my ears, dreaming on the shore. »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.