ROMAN

MABANCKOU ALAIN – Verre cassé

La vie joue des tours. Elle a son sens de l’humour bien à elle.
Le patron du bar « crédit a voyagé », surnommé l’escargot entêté, a confié à un de ses fidèles clients un cahier avec la mission d’y raconté la vie de ce débit de boissons congolais. Ce dernier, surnommé Verre Cassé, est un ancien instituteur.

Ce bar c’est l’œuvre de toute une vie ; aussi, le patron qui a lutté contre vents et marées pour ouvrir cet établissement malgré de vives oppositions aimerait que ce cahier soit un témoignage de ce que représente cet établissement pour tous les éclopés de la vie qui le fréquentent. Car il n’a confiance qu’en ce qui est écrit. A la formule toute faite « en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », il répond « ça dépend de quel vieillard, arrêtez donc vos conneries… ».
Les habitués du bar veulent faire partie du cahier. Ils viennent voir Verre Cassé pour raconter leur vie. En effet, ce lieu est comme une chaloupe à la mer pour les naufragés de la vie que sont ses clients. Dans ce frêle esquif, Verre Cassé décrit au fil des pages les tragi-comédies de ses congénères.
Car on sourit, on rit : chaque page de ce roman est un régal. L’auteur manie les clichés, les préjugés, les citations avec grande habileté. Voici comment un des chalands raconte comment il a rencontré son ex-épouse : « or Céline m’avait flashé avec son derrière, sa taille, ses deux énormes pastèques greffées à la poitrine au point que les cavaliers redoutaient de s’avancer vers elle, et moi je me suis avancé droit comme un militaire fraîchement galonné, j’ai franchi le Rubicon en me murmurant « alea jacta est »….
Certaines pages sont plus graves.
Un livre à lire absolument.

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