Littérature du XXIème siècle

MANTEL HILARY – Révolution (tome I)

L’auteur a choisi trois acteurs de la révolution française pour écrire son roman : Danton, Robespierre et Camille Desmoulins.

Les premières pages évoquent leur enfance. Puis, nous les retrouvons tous les trois vont se retrouver à Paris.

Maximilien Robespierre et Camille Desmoulins sont tous les deux élèves au Collège Louis-le-Grand. M. Robespierre était un élève attentif, sans amis. L’auteur raconte ainsi sa rencontre avec Camille Desmoulins : ce dernier vient d’arriver et on lui demande de s’en occuper car il vient de la même région.

« Puis il se tourna pour regarder le soi-disant bébé et découvrit un très bel enfant aux cheveux très foncés.« Et où voudrais-tu aller ? » lui demanda-t-il. Au même moment, le père Herivaux débouchait dans le corridor, tout frissonnant. « Ah, vous êtes donc arrivé, Camille Desmoulins » dit-il en s’arrêtant.« Je crois savoir que tu n’as que dix ans » dit le père. L’enfant leva les yeux et hocha la tête. « Et que dans l’ensemble tu es très en avance pour ton âge, c’est cela ?  En effet, dit l’enfant. C’est exact. »Le père se mordit la lèvre et s’éloigna à petits pas. Maximilien ôta les lunettes qu’il était obligé de porter et se frotta le coin des yeux. « La prochaine fois, fends-toi d’un « Oui, mon père », suggéra-t-il. C’est ce à quoi ils s’attendent. Et puis, ne te contente pas d’acquiescer d’un simple signe de tête, qui n’est pas de leur goût… Alors, Chose,  on est du genre lèche-bottes ? s’enquit, le petit garçon. »

La rencontre de Danton et Desmoulins se fera plus tard quand ils seront engagés dans la vie professionnelle. L’auteur la relate ainsi :

« Maître Desmoulins rassembla ses papiers en un tournemain, adressa un sourire radieux au juge et quitta le tribunal avec l’empressement d’un prisonnier qui vient d’être libéré, ses longs cheveux flottant derrière lui. -« Attendez ! » lui cria d’Anton. L’autre s’arrêta, se retourna. D’Anton le rejoignit. « Je vois que vous n’avez guère l’habitude de gagner, dit-il. La coutume veut que vous témoigniez un peu de compassion pour votre adversaire. De la compassion pour quoi ? vous touchez vos honoraires, non ? Venez, faisons quelques pas –je n’aime pas m’attarder en ces lieux. »

A travers ces deux extraits, on constate que l’auteur fait la part belle à l’imagination. Il est vrai que la liberté de l’auteur en matière de roman historique est entre les blancs que l’histoire officielle a laissés.

En privilégiant l’anecdotique au détriment d’analyses sur les cheminements politiques des uns et des autres, Hilary Mantel signe un roman qui pourra plaire aux néophytes.