Roman 2017

MC COY SARAH – un parfum d’encre et de liberté

Le contexte historique :
En 1850, la « Fugitive Slave Law » renforce la répression à l’encontre des esclaves. John Brown fonde The League of Gileadites en réaction à l’adoption de la loi. Lui et ses amis protégent les esclaves en fuite autant que faire se peut. Dans les années qui suivent, Brown s’organise, lève des fonds, rassemble des armes ; son but est de déclencher un soulèvement de masse parmi les esclaves du Sud. En mai 1856, il mène, avec six de ses camarades abolitionnistes (parmi lesquels on compte quatre de ses fils), une attaque contre trois anciens chasseurs d’esclaves : les prisonniers sont exécutés au sabre. Ils poignardent Allen Wilkinson, « un leader pro-esclavagiste bien connu2 ». Autre victime : un dénommé William Sherman, dont le crâne sera retrouvé en plusieurs morceaux et la main gauche tranchée3. Il s’agit du « massacre de Pottawatomie ». Brown adresse son message à la nation : on combat leurs esclavagistes les armes à la main, jusqu’à ce que l’abolition s’ensuive.
Le roman
L’histoire met en parallèle la vie de Sarah Brown une des filles de John Brown et celle d’Eden en Virginie occidentale et 2014.
Sarah est encore une enfant quand elle apporte son aide à son père. Afin de faciliter la fuite des esclaves, elle utilise son talent de dessinatrice et dessine des cartes. En 1859, son père s’empare, aux côtés d’une vingtaine d’hommes, d’un arsenal fédéral du village d’Harper’s Ferry – les Marines attaquent ; Brown refuse de se rendre, ses fils meurent et quatre agents de l’État perdent la vie. Il est arrêté. A cette occasion, Sarah fait la connaissance de Fréderick Hill, le fils d’un pasteur, membre du chemin de fer clandestin. Ce sera son grand amour. Son père sera pendu le 2 décembre 1859, vers onze heures du matin, après avoir lu la Bible et écrit à sa femme. Sarah va rester proche des leaders du chemin de fer clandestin et poursuivre son destin.
Comme Sarah, Eden ne peut pas concevoir d’enfants. Elle cherche un nouveau but à sa vie. Elle trouve une tête de poupée datant de la guerre de sécession dans sa maison. A travers ses recherches pour connaître la provenance de cette poupée, c’est tout un pan de l’histoire des esclaves qui se dessine.
Mon avis :
Les chapitres retraçant l’histoire de James Brown et de sa famille son passionnants. Le portrait de cet homme, précurseur du terrorisme pour les uns, initiateur des mouvements pour les droits civiques pour les autres, peut se résumer dans ce verset « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. » C’est aussi le sentiment qui ressort de l’histoire de la famille Brown : des personnalités de la veine des colons.
Alors que l’histoire d’Eden et son mal d’enfant m’ont paru insipide. Cela parasite le rythme de l’histoire ; c’est un défaut récurrent de ce type de roman. A vouloir raccrocher le passé au présent, l’histoire perd de sa force.
Mon reproche est un peu injustifié dans le sens où la romancière indique bien qu’elle n’a pas eu l’intention d’écrire la biographie de Sarah Brown mais juste imaginer ce que sa vie a pu être. Son dessein était de montrer que dans le temps les destinées et les histoires s’entrecroisent que toutes les vies qui nous entourent sont « comme une seule et unique carte géante ». Le problème est la faiblesse de caractère de l’une par rapport à l’autre.

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