Littérature du XXIème siècle, Romans autres

HOUELLEBECQ MICHEL – Extension du domaine de la lutte

LE ROMAN : Avec Extension du domaine de la lutte le héros, informaticien, trentenaire partage ses impressions, ses angoisses et ses sentiments avec lucidité et désespérance. Ville de banlieue, chambre anonyme, petit travail, salaire correct, peu d’intérêt, pas d’amis, de vagues relations. Aucune envie, plus de désir, quelques habitudes. C’est tout un monde de désespoir et de non-sens qui s’ouvre en même temps que commence ce roman des perdants et des abandonnés, ceux qui ont érigé la routine en mode de vie, le renoncement en principe, le défaitisme en valeur. Un informaticien, prestataire de services, va à l’occasion de l’installation d’un progiciel en Province étendre son champ d’observation sur ses contemporains.

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Littérature du XXIème siècle

KUPERMAN Nathalie – Nous étions des êtres vivants

LE ROMAN : Une maison d’édition de presse pour enfants, au bord du dépôt de bilan depuis un an, est rachetée par un homme d’affaires qui n’apparaît qu’un fugace instant comme un sauveur : sans scrupule, le vulgaire et cynique Paul Cathéter entend restructurer, réorganiser, rentabiliser, et, bien sûr, licencier. Tous cherchent à rester des êtres vivants et à ne pas devenir des machines, exécutant un travail mécanique avant d’être renvoyé. Cette volonté est relayée dans le roman par la voix du « choeur », de plus en plus ébranlé et cédant petit à petit. C’est un roman choral qui donne la parole à chacun et à tous ; Chacun de ces personnages aura un destin et une réaction différents. Il y a des promotions et des licenciements ; des avilissements, des petites vengeances sournoises et des sursauts de conscience.

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Littérature du XXIème siècle

LEMAITRE PIERRE – cadres noirs

L’histoire : Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Ancien DRH, il accepte des petits jobs. Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d’étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l’argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages. Alain Delambre voit dans cette embauche éventuelle sa dernière chance d’échapper au déclassement social. Toutefois, il va s’apercevoir qu’il ne s’agit que d’une mascarade, que les jeux sont déjà faits. C’est sans compter sans son désespoir. Un excellent thriller. Le livre fait réfléchir, notamment sur la discrimination anti-senior, le prêt-à-manager sans morale ou les activités aberrantes en séminaire.

  Alain Delambre accepte tous les emplois qui lui permettent de gagner de l’argent.

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Littérature du XXIème siècle

De Vigan Delphine – les heures souterraines

LE ROMAN : Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l’attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n’ait été dit, sans raison objective, Mathilde n’a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu’elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte. En parallèle on suit les journées de Thibault, médecin à domicile. Deux âmes perdues dans un monde urbain impitoyable.

Mathilde revient sur les débuts du harcèlement. Des événements, au premier abord sans importance et indépendants les uns des autres, constituent la trame de la machinerie qui s’est mise en place afin qu’elle démissionne.

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Roman

VIAN BORIS – L’écume des jours

l’écume des jours

Roman absurde, Boris Vian y règle notamment ses comptes avec le monde du travail qu’il estime médiocre, stupide, inhumain. Jeune homme il est joueur de jazz le soir, et ingénieur à L’AFNOR le jour, au centre de l’absurdité bureaucratique. Les rapports de Boris à l’écriture sont alors simples : écrire pour amuser, s’amuser. C’est le conflit entre la jeunesse et le monde du travail, qui transparaît déjà dans Vercoquin et le plancton. Par ailleurs, il est imprégné de l’esprit de sa famille, rentiers fantasques, ruinés par la crise de 29, obligés de travailler. Les finances déchues, l’esprit ludique subsiste.

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