Essai

Petit traité de l’abandon – Alexandre Jollien

En septembre 2012 paraît aux éditions du Seuil un Petit traité de l’abandon. Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose, signé Alexandre Jollien. En février 2015, l’essai est réédité en format de poche, et sans CD. Cet ouvrage correspond en effet à la transcription d’un enregistrement. On peut alors lire dès l’introduction : « Bonjour et bienvenue à tous. Je suis vraiment ravi de pouvoir m’adresser à vous directement. Pour moi l’écriture devient de plus en plus difficile. […] L’oralité, elle, permet d’épouser le cours de la vie, de s’abandonner à l’existence. »

On peut alors dire que l’abandon dans cet ouvrage s’applique tant dans la manière de penser que dans la manière de faire. Il s’agit pour l’auteur de transmettre, en vingt pensées philosophiques, un savoir sur la manière de s’abandonner à l’existence. Ne confondez pas en effet abandon et résignation. On parle ici d’abandon comme couramment d’acceptation, ou d’absence de lutte contre ce qui est. Ainsi que le laisse figurer le sous-titre de l’ouvrage : « Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose ». 

Il est question d’apprentissage et d’acceptation. D’amour et de générosité. Alexandre Jollien est une personne infiniment généreuse qui délivre un message difficile à intérioriser : la vie n’est pas un dû mais un cadeau. « Quand on commence à considérer la vie comme un dû et non comme un cadeau, quand on dit : « C‘est cela, ma place au soleil », on se prépare à beaucoup de souffrances. Car une chose est certaine : au terme de la vie nous perdrons tout. Alors autant tout lui donne. Autant considérer la santé des enfant, notre propre santé, nos amis, comme des des cadeaux immenses et non comme un dû. En somme, la gratitude, c’est revisiter tout ce que l’on reçoit avec une liberté nouvelle et en profiter encore plus, sans s’accrocher, sans s’agripper. »

La pensée est clairement structurée, limpide. Les mots sont choisis avec justesse et souplesse.  Ainsi, chaque idée exprimée dans un chapitre est utilisée dans celui d’après pour éclairer un chemin, celui de l’abandon. On remarquera surtout que le centre de toute cette réflexion repose sur l’absence des « étiquettes ». Les noms communs ou propres ne sont utilisés que pour désigner et non définir.

Il faut ajouter que l’auteur pour en arriver à un tel résultat ne se sert pas seulement de ses connaissances en philosophie. Une grande partie du roman est basée sur l’idéologie bouddhiste. En particulier revient souvent un « exercice de non-fixation » résumé ainsi : « Le Bouddha n’est pas le Bouddha, c’est pourquoi le l’appelle le Bouddha. » D’où l’intérêt ne pas définir mais de désigner.

Cet essai n’est pas toujours aussi accessibles que les ouvrages de Matthieu Ricard, par exemple, mais il en vaut la peine.

 

Court (une petite centaine de pages), cet ouvrage est un véritable outil de la vie quotidienne. Alexandre Jollien nous transmet de précieuses pensées nous permettant d’ouvrir la porte de la simplicité. J’ai suivi un conseil du fameux Hal Elrod en lisant ce livre : je l’ai souligné, corné, annoté dans tous les sens, lu déjà trois fois. Et je vous conseille de faire de même. Cet ouvrage est un véritable trésor, une aide précieuse pour pouvoir avancer plus tranquillement dans la vie.

One Comments

  • Reply

    Trur Céline

    juillet 13, 2017

    Merci Alexandre, Merci!
    C’est du pur Nectar, de la Gelée Royale ce Petit Traité de l’Abandon!
    Comme tu le dis avec tant de poésie ; l’écho de l’Humanité éclate, à nouveau, contre les murs de ma grotte!
    C’est en effet ainsi que j’appelle mon univers, ceci explique cela!
    Joyeusement!
    Céline

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