Autoiographie

Prisons _ Ludovic-Hermann Wanda

« Un enfant qui ne va pas aujourd’hui à l’école ira demain en prison. Victor Hugo, mon vibrant Victor, a laissé à la postérité quelques mots exprimant cette tragique évidence : « Fermer une école, c’est ouvrir une prison. » Ceux qui ont coutume de saupoudrer leurs conversations d’humour noir disent que Fleury-Mérogis est devenu le plus grand lycée d’Europe ».

Ludovic-Hermann Wanda, Prisons.

La critique n’a pas tari d’éloges sur Ludovic-Hermann Wanda. Auteur d’un tout premier roman, Prisons, publié en 2018 aux éditions de l’Antilope, on retient d’abord de lui qu’il a fait de la prison mais que sa volonté et son intelligence ont fait de lui un grand homme. Et c’est ce que l’auteur raconte lui-même dans son livre avec une pointe d’orgueil, il faut le dire. Son parcours, original et admirable, ne laisse personne de marbre.

On retient ensuite de lui que c’est un dandy. Et pour cause, le style vestimentaire et l’apparence physique jouent un grand rôle dans son roman. Le narrateur y parle des étiquettes que l’on met aux personnes que l’on ne connait pas et particulièrement aux habitants de banlieues défavorisées, repérables très facilement à leurs habits. Un jeu des apparences critiquable mais auquel l’auteur n’échappe donc pas puisque dès le début du roman il évoque son style particulier et la nécessité pour lui de se respecter en prêtant attention à son look.

Les sujets principaux du roman

1° Comme l’indique la citation en exergue : la faillite du système scolaire français. Parmi des milliers de milliers sacrifiés dans les banlieues, seuls quelques-uns parviennent à se défaire de la masse. Ainsi, bien que le narrateur passe par la case prison, il a la chance et l’intelligence d’avoir réussi son bac S et d’avoir été accepté à la Sorbonne.

2° L’ignorance et son reliquat, le racisme latent. Il intervient dès l’arrestation du narrateur par les policiers : comment ne pas croire qu’il s’agit d’un contrôle au faciès? Cette supposition est vite écartée par le narrateur d’ailleurs, mais très vite, le racisme de beaucoup d’employés de police est mis en avant.

3° La foi, la croyance en un Dieu bon et miséricordieux. Ce que je retiendrais du parcours du narrateur : lorsqu’on ne peut compter que sur soi-même, mieux vaut avoir le soutien d’une puissance supérieure.

Qu’en pense-t-on?

L’écriture est bonne, agréable à lire, soigneusement travaillée. Les transitions semblent parfois un peu lourde et faire parler la Marianne donne un côté un peu bancal au roman, peut-être voulu d’ailleurs. En tout cas c’est un bon début.

Je recommande.

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