ROMAN

Il reste la poussière – Sandrine COLLETTE

La Patagonie « la lande à perte de vue, aride et plate, si sèche que les arbres l’avaient désertée… » la vie d’une famille à l’image de ce paysage. Raphaël le petit dernier est constamment brutalisé par ses frères aînés, sous le regard de la mère constamment en colère contre sa vie de misère. Si l’enfer existe sur terre, il est dans cette estancia.

Sandrine Collette excelle habituellement dans le thriller. Amoureuse de la nature, l’intrigue se déroule dans un paysage rural. On appréhende la vie de la ferme à travers les yeux de Raphaël.

Grace à sa faculté intuitive de percevoir ce que ressentent les animaux, on découvre la richesse de ce travail de chaque jour. Il se trouve auprès des animaux l’amour que sa famille lui refuse. Plusieurs passages évoquent cette communion entre l’enfant et les animaux. Aussi, j’en ai choisi un particulièrement beau : « au moment où le chien est arrivé à leur hauteur et l’a regardé lui avec ses yeux débordants et cette joie qui s’étrangle dans sa gorge en cris plaintifs, Raphaël s’est mis à pleurer. »

Je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec Zola. Le malheur de cette famille vient des ravages de la pauvreté et de la misère qui se transmet de génération en génération. Dès les premières pages, le portrait de la mère nous fait ressentir la rage et la haine qu’il en ressort. « « …qu’elle est issue, elle, d’une famille de crève-la-faim, sans fortune et sans terres, et que tout la destinait à s’épuiser à la tâche pour les autres, … », « il n’y a pas de place pour la reconnaissance dans la vie de la mère : … »

L’histoire se déroule au gré des points de vue des personnages. On aborde ainsi l’histoire sous l’ange des différentes personnalités.

 

La détresse de Raphaël est poignante. On s’attache aux personnages, à leur évolution. Chacun d’entre eux souffre de cette violence.  On retrouve chez eux notre difficulté à échapper à la routine rassurante même si elle est cruelle. L’écriture est très belle.

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