Roman contemporain

Sans titre – Valérie GANS

En cette période de rentrée littéraire, difficile de faire l’impasse sur Sans Titre. Bien que publié en avril 2018, il est le dernier titre publié par Valérie GANS –étoile montante du monde littéraire – et également un livre exceptionnel.

 

Les Uglies. Une série de peintures hideuses que les collectionneurs se sont arrachés et que la presse a relayées sans lésiner. Mais voilà, depuis, Egon Stübli est un artiste peintre dédaigné, oublié. Les Uglies ne sont qu’un lointain souvenir. Jusqu’à sa mort. Tragique ! Dévoré par les requins, on n’a retrouvé que sa planche, croquée, défigurée comme ses peintures.

Toute la presse en parle : « C’est une foule qui, malgré un thermomètre des plus dissuasifs – 38 degrés sur le macadam -, est venue hier faire ses adieux à l’artiste plasticien Egon Stübli, prématurément disparu à l’apogée de sa carrière. »

La renommée d’Egon Stübli est faite. Enfin. Malheureusement pour son compagnon Charles, qui doit maintenant subir son absence… ou en profiter ? En tant que chirurgien plastique, la vague des Uglies lui permettrait sans doute de renouveler le métier !

Et si la chirurgie plastique permettait aux personnes de devenir parfaite-ment uniques…

 

Sans titre est un pavé dans la mare.

Et si beauté et singularité ne faisaient plus qu’un…

Pour certains, la beauté dépend de critères physiques. Pour d’autres, elle est « relative ». Pour Valérie Gans, elle est unique. Elle rime avec force et singularité. S’imprégner de confiance en soi, accentuer ses particularités, voilà ce qu’est la beauté. La beauté 2.0 est là, décrite dans ce livre. Ce livre a le potentiel de changer votre conception des choses.

 

La relation toxique d’Egon et Charles : une intrigue parallèle ?

« Je t’aime alors je te fais souffrir ».

La relation de Charles et Egon peut être qualifiée de toxique. Charles abuse de son emprise sur Egon car il gagne mieux sa vie. Cette intrigue n’est-elle pas le reflet de l’art d’Egon ? Sans doute. Selon moi, Valérie Gans nous explique que nous n’avons pas besoin des autres pour réussir ou vivre la vie qui nous convient. Il ne faut pas confondre le fait d’être aidé et le fait d’être dépendant émotionnellement. Revendiquer sa singularité physique c’est finalement revendiquer son soi. Un soi indépendant, suffisant.

 

Un livre lumineux

Les thèmes abordés par ce livre sont sérieux mais ne sont pas graves. Valérie Gans ne fige pas l’histoire, elle la laisse déborder. Les personnages sont forts et peuvent choisir de changer.

 

Je recommande.

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