Roman historique

SINOUE GILBERT – Averroès ou le secrétaire du diable

AVERROES
Ibn Rochd de Cordoue , plus connu en Occident sous son nom latinisé d’Averroèsb, est un philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou de langue arabe du XIIe siècle, né en 1126 à Cordoue en Andalousie et mort le 10 décembre 1198 à Marrakech (actuel Maroc). Il exerce les fonctions de grand cadi (juge suprême) à Séville et à Cordoue, et de médecin privé des sultans almohades, à Marrakech à une époque charnière où le pouvoir passe des Almoravides aux Almohades.
Il est considéré comme l’un des plus grands philosophes de la civilisation islamique même s’il a été accusé d’hérésie à la fin de sa vie.
Son œuvre a eu une grande importance en Europe occidentale, où il a influencé les philosophes médiévaux latins et juifs dits averroïste. De façon générale, il est estimé des scolastiques, ces universitaires qui veulent concilier l’apport des philosophes grecs avec la théologie chrétienne. Ils l’appellent le « Commentateur » du « Philosophe » (Aristote). En revanche, Thomas d’Aquin puis les néoplatoniciens de Florence lui reprochent de nier l’immortalité et la pensée de l’âme individuelle, au profit d’un Intellect unique pour tous les hommes qui active en nous les idées intelligibles.
LE ROMAN
Au soir de sa vie à Marrakech décembre 1198, Averroes écrit ses mémoires. Lucide et serein, il énonce deux certitudes :
– « Ceux qui savent sont en proie au doute, et les ignorants se nourrissent de certitudes. »
– « L’ignorance mène à la peur et la peur conduit à la haine. Voilà l’équation. »
Il remonte le temps, évoquant sa famille éminemment respectable. Son grand-père et son père étaient cadi à Cordoue, juge de formation religieuse chargé d’appliquer la loi.
L’histoire n’étant qu’un éternel recommencement : son grand-père avait dû s’exprimer sur le port du voile … par les hommes : chez les Almoravides, les hommes continuaient de porter une pièce d’étoffe qui cachait le bas du visage, alors que les femmes avaient le visage découvert. Une partie de la population voulait que les hommes se dévoilent. Son grand-père trancha en faveur du port du voile par les hommes.
A l’âge de 23 ans, il choisit d’étudier la médecine et partit étudier auprès d’Abubacer à Grenade. Ce dernier médecin et philosophe a écrit le fils de l’Eveillé, un livre qui a connu un grand succès alors que l’imprimerie n’existait pas. Alors que de nos jours chaque maladie a son spécialiste, la démarche prescrite par Abubacer est de traiter l’ensemble et non l’unité.
Découvrant le traité de l’âme d’Aristote, il va en faire son maître à penser.
Sa prédilection pour ce philosophe, « la pensée de l’être humain serait le reflet d’une unique intelligence et toutes ses réflexions le reflet de celle-ci », lui vaudra d’être accusé d’avoir rédigé le traité des trois imposteurs, un livre qui accuse d’imposture délibérée Moïse, Mahomet et Jésus-Christ. En effet, cette philosophie proche des philosophies asiatiques comme le bouddhisme, va à l’encontre des croyances occidentales professant l’immortalité de l’âme.
Son œuvre en tant que commentateur d’Aristote, va influencer beaucoup de philosophes en Europe occidentale. Aussi, l’auteur alterne habilement des chapitres évoquant la postérité de son travail et ceux qui racontent sa vie.
Le roman ne pouvant aborder tous les aspects de sa pensée, l’accent est mis sur son activité de médecin et cette pensée phare : « il n’y aurait qu’une seule intelligence pour tout l’espère humaine… par conséquent, une fois mort, plus rien de personnel ou d’individuel ne subsiste. » Le propos est clair même si on n’est pas un philosophe émérite. On y retrouve cette interrogation qui taraude l’auteur : pourquoi existons-nous ?
Dans ce roman, l’auteur fait revivre l’Andalousie musulmane du 12e siècle.
J’ai aimé ce livre car j’ai découvert un personnage historique que je ne connaissais pas du tout, merveilleusement raconté par un auteur de talent ; la vie d’Averroes rappelle la richesse de la vie intellectuelle de cette époque et l’intolérance qui au fil des siècles n’a rien perdu de sa vigueur.
L’AUTEUR
Né en 1947 en Egypte, il a connu les bienfaits du pluriculturalisme. Après des études chez les Jésuites, il a étudié la guitare classique à l’Ecole normale de musique. Auteur de chansons à succès, il a décidé de devenir écrivain à l’approche de la quarantaine. Il lit régulièrement la bible, le coran, la torah. On retrouve cette interrogation dans ses livres : pourquoi existons-nous  ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.