Science-fiction

SOMOZA JOSE CARLOS – La clé de l’abîme

L’histoire
Une météorite est tombée sur la planète, il y a de cela très longtemps. Les pôles ont fondu, le niveau des eaux est monté brutalement entraînant d’immenses destructions. Désormais, l’humanité se partage entre les hommes de conception et les hommes biologiques, les croyants et les non-croyants. Les hommes croient en une Bible qui a quatorze chapitres et chaque adepte a ses propres pratiques et croyances.
Un savant a découvert la clé de l’abîme, qui pourrait révéler de nombreux secrets sur l’origine de l’humanité et permettre de détruire Dieu : « Il s’appelait Katsura Kushiro. Avant sa mort, il a établi des plans très détaillés afin que son secret parvienne entre de bonnes mains. »
Ce plan commence par une vilaine journée d’automne. Daniel Kean est un simple employé du Grand Train de 7h45. Klaus Siegel s’est métamorphosé en bombe humaine. Il exige que Daniel soit à son écoute, murmure les coordonnées de la clé de l’abîme à son oreille et se suicide. Daniel va être désormais le jouet de deux bandes rivales. L’une d’entre elle prend en otage sa fille ; il devoir affronter des situations périlleuses pour la revoir.
Le roman
Avec un style très visuel, beaucoup de détails sur l’architecture, les couleurs, les espaces, l’auteur crée un univers totalement différent du nôtre. On y perd ses points de repères. C’est une course poursuite à travers l’Allemagne, le Japon et la Nouvelle Zélande.
Les adversaires de Daniel Kean sont pervers, cruels. Leurs pouvoirs sont illimités et ils ont une addiction aux carnages sanguinolents.
Somoza est psychiatre de formation. La peur est une des émotions les plus fortes chez l’homme et c’est l’objet de cette quête de plus de 500 pages. « Le véritable, unique sens de la vie était la peur. La peur constituant le monde, peur de mourir, de devenir fou, d’être attaqué….
Une des équipes veut libérer les hommes de la peur et l’autre ne le veut pas car elle permet de les maintenir sous le joug et d’imposer le pouvoir.
Ce livre est aussi un hommage à Lovecraft. En dehors, de la référence aux quatorze histoires des mythes de Cthulhu, on note cette phrase : « La chose la plus miséricordieuse de ce monde est l’incapacité de l’être humain à relier tout qu’il contient ». C’est tout à fait ce que professait Lovecraft. Pour lui, il est heureux que notre cerveau soit incapable de tout comprendre car nous n’y résisterions pas.
Petit hommage aux lecteurs : « Tous ceux qui lisent sont bizarres : cela vient du fait que lire nous aide à savoir, et, comme l’ignorance abonde, les rares personnes qui savent sont de plus en plus bizarres. »
Je craignais d’avoir à subir un livre abscons. Ce n’est pas le cas. Par contre, je n’ai pas totalement adhéré à l’histoire : je n’ai pas pu m’attacher aux personnages. L’auteur a bien esquissé leur portrait au début de l’histoire, comme Maya, une fillette entraînée « à capter le vent sacré de la Cité de la mort », puis le fil de l’histoire est parti sur les chapeaux de roue. Comme il existe des films d’actions, il existe des livres d’actions. La fin est logique ; ça tient la route. L’auteur développe tout un univers personnel avec des réflexions intéressantes : « ce que nous appelons naturel, est seulement, ce à quoi nous sommes le plus habitués. » je lirai certainement d’autres ouvrages de cet écrivain. Je ne recommanderais pas ce roman à tout le monde mais plutôt aux fans de romans de science fiction, sombres et mystiques.
L’auteur
Né à Cuba en 1959, José Carlos Somoza n’y passe que quelques mois, car sa famille est contrainte à l’exil pour des raisons politiques en 1960.
Pendant ses études de médecine et de psychiatrie, José Carlos Somoza partage son temps entre Cordoue et Madrid. Diplômé de psychiatrie et de psychanalyse en 1994, il exerce un temps, avant de se consacrer entièrement à sa carrière littéraire.
Il vit aujourd’hui à Madrid.

Laisser un commentaire