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roman noir

L’Embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard – Isabelle DUQUESNOY

Selon les Editions de La Martinière, Isabelle Duquesnoy a consacré dix de sa vie à ce roman publié en août 2017… cela ne surprend absolument pas. C’est une œuvre colossale et aussi un chef-d’œuvre.

D’ailleurs, ne vous laissez pas impressionner par sa taille, en un week-end vous n’en aurez fait qu’une bouchée.

La France postrévolutionnaire grouille de cadavres. Quelle aubaine pour un embaumeur. Victor RENARD à la mort de son père doit subvenir aux besoins de sa famille et devient l’apprenti de Monsieur JOULIA, embaumeur et trafiquant d’organe. Il se fait un nom et parvient à quitter le garde-chiourme qu’est sa mère. Tout est bien qui finit bien pour cet enfant battu…c’est sans compter sur cet indigne destin qui l’envoie en prison. Victor Renard, criminel ? Continue Reading

Conte philosophique

Supplément au voyage de Bougainville – Denis DIDEROT

Le titre complet de ce conte est Supplément au Voyage de Bougainville ou Dialogue entre A. et B. sur l’inconvénient d’attacher des idées morales à certaines actions physiques qui n’en comportent pas.

On met une majuscule à « voyage » car il s’agit d’un écrit de Diderot mais il en fait une suite que Bougainville aurait refusé de publier dans son Voyage au tour du monde en 1772. Cet écrit est composé de quatre parties :

1) Le « Jugement du voyage de Bougainville » introduit la matière et les personnages A. et B. Ces deux-là parlent du Voyage au tour du monde de Bougainville et de son auteur. Continue Reading

Conte philosophique

Madame de La Carlière – Denis DIDEROT

Madame de La Carlière est une histoire qui finit mal. L’héroïne du roman meurt amère, son enfant malade, le mari finit sa vie disgracié.

Tout commence par une conversation entre le conteur et l’auditeur. Ils aperçoivent le chevalier Desroches. Un homme qui donne peine à voir. Pourtant, c’est un homme dont les débuts ne laissaient pas présager une fin si minable.

« Et c’est ainsi que de bouche en bouche, échos ridicules les unes des autres, un galant homme est traduit pour un plat homme, un homme d’esprit pour un sot, un homme honnête pour un coquin, un homme de courage pour un insensé, et réciproquement. Non, ces impertinents jaseurs ne valent pas la peine que l’on compte leur approbation, leur improbation pour quelque chose dans la conduite de sa vie. » Continue Reading

Conte philosophique

Ceci n’est pas un conte – Denis DIDEROT

Dans ce conte, le conteur et l’auditeur sont mis en scène : « Lorsqu’on fait un conte, c’est à quelqu’un qui l’écoute ; et pour peu que le conte dure, il est rare que le conteur ne soit interrompu quelquefois par son auditeur. Voilà pourquoi j’ai introduit dans le récit qu’on va lire, et qui n’est pas un conte ou qui est un mauvais conte, si vous vous en doutez, un personnage qui fasse à peu près le rôle du lecteur, et je commence. »

Le conteur nous fait part de deux histoires, deux destins ayant ployé sous l’amour :

_ c’est le destin de Tanié, un pauvre roturier, courageux et travailleur qui se plie en quatre pour satisfaire toutes les volontés de la Reymer, une femme vénale et hypocrite.

« Il faut avouer qu’il y a des hommes bien bons et des femmes bien méchantes. » Continue Reading

LISTE

Les prémices du roman contemporain avec Madame de Lafayette

Sous l’Ancien Régime, le roman n’a pas la cote. Comme il n’est pas cité dans La poétique d’Aristote, il est un sous-genre. Difficile à imaginer pour nous, lecteurs du XXIème siècle, dont les rentrées littéraires sont constituées essentiellement de romans.

Par ailleurs, au XVIIème siècle, le roman est dit baroque : il est alors centré sur des intrigues sentimentales invraisemblables, étalées sur des milliers de pages et des dizaines d’années. Typiquement, L’Astrée, d’Honoré d’Urfé est un roman baroque. Madame Lafayette aussi propose un roman baroque avec Zayde. Mais elle se tourne en 1678 vers un roman plus court et plus vraisemblable avec La Princesse de Clèves, que tout le monde connait.  Continue Reading