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Roman contemporain

Le revenant – Eric CHAUVIER

« De s’être débattu comme un diable dans le cœur sombre du XIXème siècle n’aura pas suffi. Rappelons les faits, pourtant extraordinaires. Né le 9 avril 1821 à Paris, Charles Baudelaire est âgé de 6 ans lorsque succombe son géniteur, disparition qui va influencer sa vie dans les grandes largeurs. De ce drame naîtra une poésie universelle. »

Le revenant est un court roman, retraçant les pas d’un Baudelaire ressuscité. Appartenant au genre fantastique, il fait de l’auteur des Fleurs du mal un zombie, un humain à la peau parcheminée et au teint caverneux, à l’odeur pestilentielle, et à l’allure saccadée. Continue Reading

Roman contemporain

Sans titre – Valérie GANS

En cette période de rentrée littéraire, difficile de faire l’impasse sur Sans Titre. Bien que publié en avril 2018, il est le dernier titre publié par Valérie GANS –étoile montante du monde littéraire – et également un livre exceptionnel.

 

Les Uglies. Une série de peintures hideuses que les collectionneurs se sont arrachés et que la presse a relayées sans lésiner. Mais voilà, depuis, Egon Stübli est un artiste peintre dédaigné, oublié. Les Uglies ne sont qu’un lointain souvenir. Jusqu’à sa mort. Tragique ! Dévoré par les requins, on n’a retrouvé que sa planche, croquée, défigurée comme ses peintures. Continue Reading

Essai 2018

Le monde est mon langage – Alain Mabanckou

« J’ai choisi depuis longtemps de ne pas m’enfermer, de ne pas considérer les choses de manière figée, mais de prêter l’oreille à la rumeur du monde.
Je ne suis pas devenue écrivain parce que j’ai quitté mon pays natal. En revanche, j’ai posé un autre regard sur celui-ci une fois que je m’en suis éloigné. »

Les Sénégalaises Mariama Bâ, Aminata Saw Fall, le Cubain Eduardo Manet, le Congolais Soni Labou Tansi, « un modeste professeur d’anglais et de français dans un collège de l’arrière-pays », le haïtien Jean Métellus, et l’Algérien Rachid Mimouni, ont un point commun : ils écrivent en français.

Dans son essai, Le monde est mon langage, Alain Mabanckou prône une littérature française qui n’est pas renfermée sur les frontières de la France, mais une littérature française bien plus riche. Selon lui la littérature est tant une manière de voyager qu’une manière de partager. En ce sens, on ne peut restreindre la littérature française à un pays. Pour l’auteur, l’autrice, comme pour le lecteur ou la lectrice, cet échange d’expériences démultiplie les perspectives d’apprentissage, et d’ouverture d’horizons.

L’auteur nous emmène à Paris, à la Nouvelle-Orléans, à Montréal, à Douala, à Marrakech, à Londres, et nous invite à considérer une Histoire littéraire beaucoup plus vaste qu’elle nous apparait. Ne plus hésiter à découvrir les poètes et romanciers fameux d’Afrique, embrasser l’art de Tchicaya U Tam’si « considéré comme un des plus grands poètes africains par Léopold Senghor », ou encore plonger dans les tréfonds du pouvoir de la littérature et de son aspect hautement subversif. Voilà ce que nous propose Alain Mabanckou.

 

« Après le temps je me dis que Richard m’avait au fond appris sans le savoir que le pouvoir de la littérature, celui-là qui nous catapulte dans un autre monde ou nous est permis de rêver et de devenir un Argentin né à Buenos Aires. »

Alain Mabanckou est essayiste, poète, romancier et professeur de littérature à l’université de Californie-Los Angeles (UCLA). L’ensemble de son œuvre a été couronnée par l’Académie française (Grand Prix de littérature Henri-Gal 2012). Il a remporté en 2006 le prix Renaudot pour son roman Mémoires de porc-épic. Il est aussi l’auteur de Verre cassé, et a composé des recueils de poésie tel que Tant que les arbres s’enracineront dans la terre. Le monde est mon langage est son sixième essai, publié chez Grasset en 2016, puis chez Point en septembre 2017.

Roman 2017

La vie mode d’emploi – GEORGES PEREC

La vie mode d’emploi est une oeuvre publiée en 1978 chez Hachette Littérature. L’auteur, Georges Pérec, membre de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), lui donne le sous-titre de Romans, au pluriel car l’ouvrage, forme de quatre-vingt-dix-neuf chapitres, ne suit pas une progression linéaire simple et est l’occasion de la « racontouze » – tel qu’il le dit lui-même – de multiples histoires.

Toutefois, une histoire, que l’on pourrait appelée « principale », hante le récit : Bartlebooth, un millionnaire anglais vivant à Paris, avait un projet. Il voulait partir en expédition tout autour du monde pour y peindre des aquarelles ; aquarelles qui deviendraient des puzzles ; puzzles qui l’attendraient à son domicile jusqu’à achèvement de ses vingt années de voyage. Revenu à Paris, il occuperait la seconde partie de sa vie à reconstituer les centaines de puzzles créés, envoyant chacun d’entre eux à l’endroit précis de leur respective naissance dans le seul but de leur destruction. Continue Reading

Roman historique

La nuit des béguines – KINER ALINE

Un peu d’histoire :
Louis IX était un roi réformateur. Il a souhaité la justice pour tous ses sujets. Il a soutenu la création des ordres mendiants, fondé des hôpitaux pour les plus pauvres, un couvent pour les prostituées repenties de Paris.
Alors que l’on débat encore de la condition féminine, il en a été un des premiers défenseurs en permettant l’établissement de communautés de béguines. Ces communautés permettaient aux femmes se retrouvant seule de mener une vie indépendante de toute domination masculine. Le phénomène est partiellement dû à une surpopulation féminine au temps des Croisades, entre 1092 et 1270. Trop de veuves souhaitaient rentrer dans une vie religieuse. Les couvents ne pouvaient pas accueillir toutes les candidates.
Les béguines furent les premières religieuses dans le monde. Continue Reading