TRIBUNE

VEGAN

Etre végan, ou végane (selon les goûts), c’est avant tout refuser l’exploitation et la souffrance animale. Par conséquent, la personne végane ne consommera rien ayant pour origine cette exploitation : son alimentation sera végétalienne, ses vêtements et cosmétiques ne dériveront d’aucun produit animal, et elle boycottera tout « divertissement » – comprenez-bien que l’usage même de ce mot porte à confusion – basé sur l’utilisation et l’abus de l’animal non-humain : zoo, corrida, cirque, chasse, etc. De manière plus générale la personne végane considère que toutes les espèces ont les mêmes droits et qu’aucune n’a été mise au monde dans le seul but de faire plaisir à l’Homme. Il suffit de se demander ce que l’Homme aurait pu faire du dinosaure pour le comprendre.

La personne végane l’est généralement devenue lors d’un processus de prise de conscience lui permettant de se détacher de la propagande faite au sujet de l’alimentation. En effet, rares sont ceux qui sont « nés » véganes.

Donc si vous ne l’êtes pas imaginez-vous végane alors qu’une personne a la délicatesse de vous lancer à la figure ces mots : « Tu ne sais pas ce que tu rates ». Alors qu’en réalité…si vous le savez. Vous le savez puisque vous êtes devenu végane…

Ceci me permet d’introduire le sujet de cette tribune : l’agressivité du sujet non végan face à son semblable végan. La réaction que produit l’annonce d’un tel mode de vie chez le sujet non végan est en effet rarement teintée de compréhension.

Le sujet non-végan tendra généralement à croire qu’il a la science infuse. Il se permettra alors de vous aiguiller quant aux carences dont vous allez souffrir et se préoccupera beaucoup pour vous quand bien même vous ne le connaissez que depuis peu. Evidemment de mauvaise foi, il ne reconnaîtra jamais qu’il a tord car il n’oserait se priver de son Mc Donald hebdomadaire qui lui permet indubitablement de pallier aux carences dont doivent sûrement souffrir les véganes.

Intéressons-nous plus précisément aux arguments que le sujet non-végan aura tendance à invoquer pour justifier son « choix ». En effet, tous n’invoquent pas directement un choix et préfèrent se rapporter à des arguments plus…douteux. Chez le sujet masculin, on pourra souvent entendre que « les vrais hommes mangent de la viande » ; plusieurs memes circulent d’ailleurs dans la communauté végane pour s’en moquer, principalement en anglais (évidemment). Une chanson des RHCP dénonçait aussi le meurtre des coyotes : « True men don’t kill coyotes« . Que dire de plus : si vous êtes un « homme » comme vous le dites, ayez plutôt l’audace de vous opposer à la barbarie au lieu de la suivre comme un mouton. Enfin chez l’ensemble des sujets non-véganes, j’ai relevé de manière plus générale plusieurs phrases de justification (cette reproduction est réalisée sans trucage) : « Je ne vois pas pourquoi les lions pourraient manger de la viande et pas moi » (les lions chassent, et en meute, vous chassez en solo et au rayon boucherie de votre supermarché), « L’Homme a évolué grâce à la viande » (Vous ne devez pas faire partie de la branche évoluée), « Les animaux ne ressentent pas la douleur » (pour information, l’Homme est une espèce animale, je ne savais pas que vous ne ressentiez pas la douleur, je peux vérifier?), « De toute façon ce n’est pas parce que toi tu vas arrêter de manger de la viande que ça va changer quelque chose » (Faux, vous connaissez la loi de l’offre et de la demande? Si la demande diminue, l’offre s’adapte ou disparaît ; d’ailleurs si vous regardez les rayons de votre supermarché, il semble qu’elle s’adapte), « Bon ok, la viande je comprends, mais pourquoi le lait? Personne n’est tué pour du lait » (Faux et…faux. Les deux filières sont intimement liées, une vache reformée sera envoyée à l’abattoir, si le petit est un mâle, il sera tué, si c’est une femelle, elle servira de vache à lait… Vie de rêve), « Je ne suis pas pour que l’on arrête de manger de la viande, mais pour qu’on tue de manière humaine » (A argument stupide, réponse stupide : Expliquez-moi comment TUER de manière HUMAINE)…

Le sujet non-végan aura souvent un discours peu cohérent quant au « choix » de son régime alimentaire. Il se vantera de « faire ce qu’il veut » et « d’assumer ses choix » mais vous dira cependant que « Toi ça va parce que tu m’imposes pas ton régime alimentaire. Mais d’habitude les véganes m’imposent leur croyance et ça, ça se fait pas« . Mais « Ça se fait pas »comme… « Ça se fait pas d’assassiner des milliards d’êtres vivants tous les ans » ou bien comme « ça se fait pas de faire de la vie d’innocents un enfer » ? Parce que j’avoue que je me pose souvent la question face à tant d’intelligence. Donc un conseil : restons sur le « c’est mon choix« . C’est un choix cruel qui oublie l’avis du principal intéressé certes, mais bien plus cohérent que la lutte contre le « prosélytisme » végan. Si vous êtes véganes, je vous conseille de rester calme, car être agressif poussera sans aucun doute à une escalade de la violence et le sujet non-végan aura à coup sûr cette réplique brillante : « Tiens pour t’embêter je vais aller manger un steak bien saignant« …ce qui n’est absolument pas l’effet recherché. Tâchez, végane, de dissiper votre colère intérieure afin de la remplacer par un souffle de bonté envers cette âme échouée sur les bords de l’Infamie, afin de tenter une approche plus modérée. Le fait est que le végan n’a pas pour but de « forcer ses convictions », il essaye avant tout de remédier à un mal planétaire et polymorphe. Pour cela, il est vrai qu’il peut-être tentée de recommander l’adoption du régime végan, mais cela n’a rien avoir avec quelconque volonté de dominer le monde. Il n’existe pas de lobby végan, et encore moins de secte végane.

Le sujet non-végan aura tendance à pointer du doigt votre implication dans la cause animale alors que des millions d’enfants travaillent dans d’affreuses conditions dans de nombreux pays, que des personnes meurent chaque jour sous les bombes, ou que des millions d’africains meurent de faim, et j’en passe… Alors non, il l’est vrai le sujet végan n’est pas tout-puissant, avant d’être végan il est humain. Il n’a pas la capacité d’intervenir aux quatre coins du monde, ou de remédier à toutes les situations dramatiques dont souffrent des millions d’êtres humains. Les véganes poussent le bouchon un peu trop loin c’est vrai. Pourquoi tiennent-ils tant à lutter pour ces animaux qui ne parlent même pas alors qu’ils ne font rien pour tous les humains de la terre? Eh bien premièrement, les non-végan qui tiennent ces propos sont au plus haut point égocentriques et stupides et ne pensent généralement qu’à aider leur propre personne et ne tiennent absolument pas à aider quiconque. Et deuxièmement, il n’existe pas de hiérarchie dans les causes. Aucune. Toutes sont louables, toutes doivent être défendues. L’égalité doit être défendue. L’égalité face à la vie. Cette égalité n’est pas le privilège des humains. Alors ce que le végan peut faire de plus simple, sans ayant besoin de parcourir le monde entier, il le fait. N’oubliez pas que Matthieu Ricard en est l’exemple même : il défend tant les espèces non-humaines que les humains eux-mêmes.

Pour conclure, si vous avez lu cette tribune et que vous êtes omnivores, je tiens à vous présenter mes excuses pour vous mettre à nu et exposer votre vérité aux yeux de tous. Si vous êtes végétariens, vous êtes sur la bonne voie. Si vous êtes véganes, je vous remercie grandement, la Terre a besoin de vous.

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