Fantaisie, ROMAN

Watership Down – Richard Adams

« Les bêtes, a-t-il dit, ne se comportent pas comme les Hommes. S’il faut se battre, elles se battent ; s’il faut tuer, elles tuent. Elles ne passent pas leur temps à inventer des moyens d’empoisonner l’existence des autres créatures ou de leur faire du mal. Elles sont pétries de bestialité et de dignité ».

Voilà qui est dit : Watership Down, ou la défense de la condition animale par la poésie. C’est l’histoire effrayante et sobrement attachante du courageux Hazel et du mystérieux Fyveer, son petit frère, qui vont échapper à la destruction de leur foyer – une destruction opérée par des Hommes à l’aide de pelleteuses et autres engins de destructions massives dans le but de construire une résidence secondaire – et sauver par la même occasion certains de leurs compagnons, ceux qui auront eu la chance de les croire.

La fuite du foyer implique cependant de faire face aux dangers d’un monde qui veut leur mort…

Un chef d’oeuvre écrit en 1920 par Richard Adams et traduit par Pierre Clinquart, paru pour la première fois en français chez Flammarion en 1976, sous le titre Les garennes de Watership Down, paru une seconde fois en 2016 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Un anthropomorphisme très critique qui invite à remettre en question la place de l’Homme sur Terre.

« Les Hommes, eux, ne s’arrêteront pas avant d’avoir éradiqué les animaux ».

Et si chaque espèce mettait en ordre sa propre société, et avait ses propres croyances ? L’anthropocentrisme est sans issue, pour l’Homme lui-même.

« Nous venons au monde et devons le quitter ; simplement nous ne le quittons pas pour satisfaire un ennemi ou un autre. Si c’était le cas, nous serions tous voués à disparaître en un seul jour. Nous le quittons par la volonté du Lapin Noir d’Inlè, et par elle seule. Et bien que ce décret nous puisse paraître sévère et cruel, il nous protège également à sa façon, car il connaît la promesse qu’a fait le Seigneur Krik aux lapins et il vengera sans pitié ceux qui périssent sans son consentement. Quiconque a vu ce que l’Homme à fait subir aux nôtres quant il parvient à les attraper, connait le sort que réserve le Lapin Noir aux vilou qui croient pouvoir nous maltraiter impunément ».

Richard Adams est sans aucun doute un génie et un poète. Son ouvrage est d’une richesse incroyable, l’écriture d’une qualité sans égale (le traducteur est également une personne incroyable).

Malgré un message ambivalent – à l’issue de nos pratiques actuelles nous ne trouverons que la mort et la désolation, mais la beauté existe tout de même en ce monde – il s’agit d’un incontournable, un must-have de la littérature.

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