Roman historique

YVERT SYLVIE – Mousseline la Sérieuse

L’histoire
Marie-Thérèse Charlotte de France1, surnommée « Madame Royale », née le 19 décembre 1778 dans les splendeurs de Versailles, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette.
C’est une enfant de dix ans qui se trouve confrontée aux violences de la Révolution lors de l’installation forcée de sa famille au palais des Tuileries à Paris le 6 octobre 1789.
Une grande partie de ce roman s’attache à décrire son quotidien de cette date fatidique « J’ai vécu, le 6 octobre1789, le commencement de la fin. Cette date a signé d’une plume de sang le terme de mon enfance et flétri mon existence entière » jusqu’à la nuit du 18 au 19 décembre 1795, jour anniversaire de ses 17 ans : « J’en sortais trois ans, quatre mois et cinq jours plus tard ne laissant que des tombeaux ».
Le roman
L’auteure indique qu’elle s’est « attachée à reconstituer la personnalité d’une femme méconnue et qui s’est très peu livrée. »
Ce livre nous apporte une autre vision de la révolution française : il réhabilite Marie-Antoinette, considérée habituellement comme une femme légère et frivole et Louis XIV, qui fait figure dans certains livres d’idiot du village.
Le couple royal avait souhaité allégé l’étiquette de la cour. Or, « en s’aliénant les nobles et antiques familles détentrices de charges, en affichant une façon de vivre presque bourgeoise, mes parents descendirent la première marche du piédestal où la naissance les avait placés. Mon père comprit trop tard combien la familiarité éloigne le respect. » le ton du livre est donné. Il va à l’encontre des images habituellement véhiculées et s’attache à décrire l’inhumanité des événements.
A travers les yeux d’une enfant de dix ans terrorisée, on revit la fuite à Varennes de la famille royale, (le roi, déguisé en valet, la reine, déguisée en chambrière, la sœur du roi, Madame Élisabeth, le dauphin habillé en fille, Marie-Thérèse et la marquise de Tourzel, gouvernante des enfants), et son échec. Ils se font prendre et sont ramenés manu militari au château, non sans risque pour la vie de chacun. En effet, les esprits se sont échauffés et prennent cette fuite pour une trahison, d’autant plus que l’on craint l’intervention de l’étranger.
A partir de ce moment, la famille royale est humiliée quotidiennement. Notamment, lors de la journée du 20 juin 1792 qui voit l’envahissement du palais des Tuileries par la foule parisienne qui oblige Louis XVI à coiffer un bonnet phrygien.
Quelques semaines plus tard, la journée du 10 août 1792, au cours de laquelle le palais des Tuileries est pris d’assaut, va emprisonner la famille royale dans un premier temps au couvent des Feuillants, puis le 13 août à la prison du Temple.
Avec la Terreur, les passions vont s’exacerber. « Lorsque la barbarie se découvre, elle ne peut se contenir : déluge de sang et montagne d’ossements. »
La jeune fille évoque le calvaire de son frère maltraité « par l’affreux Simon » et la solitude à laquelle elle va se trouver confrontée. « Repliement, peur et souffrance, tels étaient les composants de ma pauvre vie ».

Il est toujours passionnant de voir l’histoire d’un point de vue inhabituel.

L’écriture est sobre, tout en retenue, et en même temps raffinée, distinguée propre à une personne de l’aristocratie. Malgré cette écriture tout en mesure, le ressenti du lecteur à la terreur éprouvée par cette enfant, aux humiliations subies, aux atrocités endurées n’en est que plus intense.
Un magnifique roman historique
L’auteur
Sylvie Yvert, 44 ans, a participé à de nombreuses entreprises éditoriales ainsi qu’à plusieurs ouvrages collectifs avant de travailler à la présidence de la République puis d’intégrer deux cabinets ministériels. Vivant entre Paris et les environs de Marrakech, elle se consacre désormais à l’écriture et à la photographie.

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